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140 AUTOBIOGRAPFÎIE
Le combattant, fût-il le lion, peut être anéanti et réduit à l'impuissance par le plus infime obstacle, comme il m'arriva devant Homs. Dans une sortie, mon cheval lut tué et je fus frappé par cinquante épées. Tout cela par un effet de la volonté divine, puis par la négligence de mon écuyer dans l'adaptation des rênes du mors, cfu^il avait attachées aux anneaux, au lieu de les faire passer à travers. Lorsque je tirai les rênes pour me sauver, elles se détachèrent du lien qui les unissait aux anneaux, et il m'arriva ce qui m'arriva.
Un jour, le crieur public s'était fait entendre à Schaizar du côté de la kibla (du sud). Nous fûmes bientôt équipés, prêts à partir. Mon père et mon oncle paternel (qu'Allah les ait tous deux en pitié!) se mirent en mouvement et je me tins derrière eux. Le crieur public se montra alors au nord, du côté des Francs. Je montai sur mon cheval pour me diriger vers le crieur public. Je vis nos hommes traverser le gué, les uns sur les talons des autres; je le traversai à mon tour et je leur dis : « Ne craignez rien, je suis là pour vous défendre. » Puis je gravis au galop la colline des Karmates {râbiyat Al-Karâriiita *), et de là j'aperçus des cavaliers qui s'avançaient en masses considérables, ayant à leur tête un cavalier recouvert par une cotte de mailles et par un casque. Celui-ci s'était approché de moi. Je me dirigeai vers lui, voulant profiter de l'occasion contre lui d'abord, contre ses compagnons ensuite. Il vint à ma rencontre. Au moment où je poussais mon cheval vers lui, mon étrier se détacha. Je me trouvai forcément face à face avec lui et je m'élançai à sa rencontre sans étrier. Lorsque notre contact fut immédiat et qu'il ne me resta plus qu'à pointer de ma lance, mon adversaire me salua et m'offrit ses services. Or c'était le général (as-sa/Jur) 'Omar, l'oncle maternel du général (aff-sallâr) Zain ad-Dîn Ismâ'îl ibn 'Omar ibn Bakhtiyâr, qui était monté avec l'armée de Haniâ vers la place de Kafartâb. Les Francs avaient fait une sortie contre les assaillants qui, mis en déroute, s'en retournaient vers Schaizar où ils avaient été précédés par l'émir Souwàr (qu'Allah l'ait en pitié!).
Le guerrier est exposé fréquenmient à perdre l'équipement de son cheval. Or, la moindre chose, la plus légère, cause du