‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 78 sur 108 · Le texte porto : yâ moùsd « o Moïse · texte numérisé non relu

Le texte porto : yâ moùsd « o Moïse

vois ce qu'il a fait (c'était de moi qu'il parlait). Il est resté en arrière et n'a pas pris part à la bataille que tu as livrée aux cavaliers d'Apamée. » — Mon oncle lui répondit : « Si Ousâma n'avait pas, à la tête de dix cavaliers, retenu la cavalerie et l'infanterie de Kafartâb, ils auraient pris possession de cette contrée entière. » Inspirer la crainte et la terreur aux Francs avait, à cette époque, plus d'avantages que leur livrer bataille. Car nous étions peu nombreux, tandis qu'ils disposaient d'armées considérables.

Il m'arriva encore pareille aventure à Damas. J'étais un jour avec l'émir Mou'în ad-Dîn ' (qu'Allah l'ait en pitié), lorsqu'un cavalier vint lui dire : « Les brigands ont fait main basse sur une caravane, qui passait sur la colline, emportant des étoffes de coton écru. » Mou'în ad-Dîn me dit : « Tu vas chevaucher dans leur direction. » — Je répondis : « A toi d'ordonner; dis aux officiers de ta garde de faire monter à cheval tes troupes pour t'accompagner. » — Il reprit : « Qu'avons-nous besoin des troupes? » — J'insistai : « En quoi, dis-je, leur concours peut-il nous nuire f » — Il répéta : « Nous n'avons pas besoin d'elles. »

Mou'în ad-Dîn était un cavalier intrépide; mais, dans certaines circonstances, l'audace est un excès et une calamité. Nous partîmes, vingt cavaliers au plus. Le lendemain matin, Mouln ad-Dîn lança deux cavaliers par ci, deux autres par là, encore un sur une autre piste pour explorer les chemins. Nous deux également, nous nous avancions à la tête de quelques hommes. Lorsqu'il fut temps de faire notre prière de l'après-midi, Mou'în ad-Dîn dit à un de mes écuyers : « 0 Sawindj, monte examiner vers l'ouest, dans quel sens nous devons nous tourner pour prier. » Celui-ci nous avait à peine salués qu'il revenait au galop, disant : « Ces hommes sont dans la vallée; ils portent sur leurs têtes des pièces d'étoffes écrues. » Mou m ad-Dîn (qu'Allah l'ait en pitié!) ordonna de monter à cheval. Je lui dis : « Laisse-nous quelque répit pour revêtir nos casaques rembourrées. Puis, lorsque nous les approcherons, nous saisirons les têtes de leurs chevaux et nous les frapperons de nos lances, sans qu'ils sachent si nous

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