Lo 26 mars
2. En 569 de l'hégire, entre le 12 août 1173 et le l»'' août 1174.
3. Le 5 juin 1170 et non pas dans les derniers jours de mai, comme j'ai imprimé dans la Vie d'Ousâma, p. 353.
d'ousàma ibn mounkidh 169
épée aux ornements en fer. Quiconque ne le connaissait pas ignorait qu'il fût l'émir des croyants. Le préposé à la mosquée se mit à faire des vœux pour le vizir qui lui dit : « Misérable, prie plutôt pour l'émir des croyants. » Al-Mouktafî dit au vizir : « Demande-lui ce qui pourrait l'obliger. Interroge-le sur la maladie qui autrefois le défigurait. Car je l'ai vu, sous notre maître Al-Moustathhir (qu'Allah l'ait en pitié !), avec une maladie à la face. Il avait alors une glande scrofuleuse qui s'étendait sur la plus grande partie de sa face et, voulait-il manger, il la couvrait avec une serviette, afin que la nourriture parvînt à sa bouche. » Le préposé dit au vizir : « J'étais dans l'état que tu connais, j'allais et venais entre cette mosquée et Al-Anbàr, lorsque quelqu'un me rencontra et me dit : Si, dans tes allées et venues, tu te rendais chez un tel (il m'indiquait le gouverneur d' Al-Anbàr), comme tu vas et viens vers cette mosquée, il manderait pour toi un médecin, et celui-ci te débarrasserait de la maladie qui te défigure. Je fus troublé et oppressé par sa parole. A peine endormi dans cette nuit-là, .je vis l'émir des croyants Ali, fils d'Aboù Tàlib (la grâce d'Allah soit sur lui!), dans la mosquée, me disant : Qu'est-ce que cette tristesse? Ali entendait par là une tristesse pour des douleurs terrestres. Je me plaignis à lui de ma souffrance. Mais il se détourna de moi. J'insistai et je me plaignis à lui, en répétant ce que m'avait dit cet homme. Ali insista : Es-tu donc de ceux qui veulent les satisfactions de ce monde *? Ensuite je me réveillai. La glande avait été rejetée sur le côté et mon mal avait disparu. » Al-Mouktafi (qu'AUàh l'ait en pitié!) dit : « Il a été sincère »; puis, s'adressant à moi, il ajouta : « Entretiens-toi avec lui, informe-toi de ce qu'il demande, rédige un acte en sa faveur et fais-le entrer pour que je fasse sa connaissance. » Je m'entretins avec le préposé qui me dit : « Je suis un père de famille et j'ai des filles. Je voudrais une pension de trois dinars par mois. » Je rédigeai au nom du khalife une décision officielle, en tète de laquelle le khalife inscrivit de sa main : « Le serviteur, le préposé à la Mosquée d'Ali » ; et par laquelle il lui concéda ce qu'il avait souhaité. Le khalife me dit : « Va, fais-la enregistrer dans le bureau des