Coran, xvii, 19; cf. lxxv, 20; lxxti
finances {ad-dîioân). » Je partis et je m'étais contenté de lire la désignation du préposé, objet de la générosité du khalife. Or, la coutume était qu'on écrivît pour le titulaire de l'ordonnance un acte scellé et qu'on lui reprît l'original contenant l'autographe de l'émir des croyants. Lorsque le scribe ouvrit la pièce officielle pour la copier, il y trouva, au-dessous de « le préposé à la Mosquée d'Ali », les mots suivants de l'écriture d'Al-Mouktafî, émir des croyants (les bénédictions d'AUàh soient sur lui!) : « S'il avait demandé plus, on lui aurait octroyé davantage '. »
Le kâdî, l'imam Madjd ad-Dîn Aboû Soulaimân Dàwoud, fils de Mohammad, fils d'Al-Hasan, fils de Khàlid, Al-Khâlidî (qu'AUâh l'ait en pitié !), m'a raconté dans la banlieue de Housn Kaifà, le jeudi, 22 de rabî' premier 566 \ d'après celui dont il tenait ce récit, qu'un vieillard (schaikh) demanda audience au premier ministre {khodjâ bousourk). Celui-ci, en le voyant entrer, reconnut en lui un vieillard respectable, plein d'autorité, et lui dit : « D'où viens-tu, ô vieillard? » — L'autre répondit : « De l'étranger. » — Le premier ministre reprit : « As-tu quelque besoin? » — Il répliqua : « Je suis l'envoyé de l'Envoyé d'Allah (puisse Allah répandre sur lui bénédiction et salut!) vers Malik-Schâh. » — « Qu'estce que cette histoire? », demanda le premier ministre. — Son interlocuteur lui répondit : « Si tu me fais parvenir vers lui, je lui communiquerai mon message. Sinon, je ne m'éloignerai pas avant d'avoir eu avec lui une entrevue et de lui avoir transmis ce dont je suis chargé. » Le premier ministre entra chez le sultan qui, informé des propos tenus par le vieillard, ordonna qu'il fût introduit. Admis en présence du sultan, il lui offrit un cure-dents et un peigne, en lui disant : « Je suis le malheureux père de plusieurs filles, un pauvre homme qui ne peut, ni les pourvoir, ni les marier. Chaque nuit, j'invoque Allah le Très Haut, afin qu'il me gratifie des ressources nécessaires pour les établir. Je m'endormis dans la nuit qui précède le vendredi de tel et tel mois, je priai Allah (gloire à lui!) de m'aider en leur faveur. Je vis alors
1. Rectifier d'après cette traduction quelques détails dans la Vie d'Ousâma. p. 353.