‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 90 sur 108 · Le 3 décembre · texte numérisé non relu

Le 3 décembre

d'ousàma ibn mounkidh 171

dans un rêve l'Envoyé d'Allah (puisse Allah répandre sur lui bénédiction et salut î), qui me dit : « C'est toi qui implores Allah le Très Haut, afin qu'il te gratifie des ressources nécessaires pour établir tes filles ! » — Je répondis : « Oui, ô Envoyé d'Allah. » — Il reprit : « Va vers un tel (il me nomma le sultan Mou'izz Malik-Schâh) et dis-lui : L'Envoyé d'Allah (puisse Allah répandre sur lui bénédiction et salut!) t'ordonne de donner le nécessaire à mes filles. » — Je demandai : « 0 Envoyé d'Allah, s'il réclame de moi une preuve de ce que je lui dirai, que répondrai-jef » — Le Prophète répondit : « Indique-lui comme signe que chaque nuit, avant de s'endormir, il lit la soûra tabâraka \ » Lorsque le sultan entendit cette parole, il s'écria : « Voici un indice authentique, qui n'est connu que d'Allah (qu'il soit béni et qu'il soit exalté!). Car mon précepteur m'a ordonné de lire chaque nuit cette soûra avant de m'endormir. Ce que je fais régulièrement. » Le sultan ordonna qu'on lui remît tout ce qu'il demanderait pour l'établissement de ses filles, le combla de présents et le congédia.

On peut rapprocher de ce récit ce que j'ai entendu raconter au sujet d'Aboù 'Abd Allah Mohammad, fils de Fâtik, le maître dans l'art de réciter le Coran {al-inoukri). Il dit : « J'étudiais un jour sous la direction d'Aboû Bakr Ibn Moudjâhid (qu'Allah l'ait en pitié!), le maître dans l'art de réciter le Coran à Bagdâdh, lorsque se présenta devant lui un vieillard, avec un turban râpé, avec un manteau et des vêtements râpés. Ibn Moudjâhid, qui connaissait ce vieillard, lui dit : « Que m'a-t-on donc rapporté de la petite? » — Le vieillard répondit : « 0 Aboù Bakr, il m'est né hier une troisième fille. Mes femmes ont réclamé de moi hier une pièce de monnaie idànik) pour acheter du beurre et du miel qu'elles feraient mâcher à l'enfant. Je n'ai pas pu la leur fournir et j'ai passé la nuit dans l'inquiétude. J'ai vu alors dans un rêve le Prophète (puisse AUâh répandre sur lui bénédiction et salut!), qui m'a dit : Ne te trouble pas et ne t'attriste pas. Dès demain, entre chez 'Alî, fils de Isa, le vizir du khalife ^ salue-le de

1. Soùra XXV ou soùra Lsvii du Gora7i, toutes deux commençant par tabâraka.

2. Il s'agit du khalife 'Abbaside Al-Mouktadir Bilhih, qui résTia de 295 à 320 de l'hégire (907 à 932 de notre ère).

ma part et dis-lui : En raison de ce que, à ma connaissance, tu as prié pour le Prophète auprès de son tombeau quatre mille fois, donne-moi cent dinars en or. »

Aboû Bakr Ibn Moudjâhid répondit : « 0 Aboû 'Abd Allah, dans ton rêve il y a une instruction. » Il cessa son enseignement, saisit la main du vieillard, se leva et le conduisit chez 'Alî, fils de 'îsâ. Celui-ci vit Ibn Moudjâhid accompagné d'un vieillard qu'il ne connaissait pas et lui demanda : « D'où te vient, ô Aboû Bakr, cet homme? » — Ibn Moudjâhid répondit : « Le vizir le fera approcher et entendra sa parole. » A\ï accueillit le vieillard et lui dit : « Quelle est ton affaire, ô schaikh? » — Le schaikh répliqua : « Aboû Bakr Ibn Moudjâhid sait bien que j'avais deux filles. Hier, il m'en est né une troisième. Mes femmes ont réclamé de moi une pièce de monnaie pour acheter du miel et du beurre qu'elles feraient mâcher à l'enfant. Je n'ai pas pu la leur fournir et j'ai passé la nuit dans l'inquiétude. J'ai vu alors dans mon sommeil le Prophète (puisse Allah répandre sur lui bénédiction et salut!), qui me disait : « Ne te trouble pas et ne t'attriste pas. Dès demain, entre chez 'Alî, fils de Isa, salue-le de ma part et dis-lui : En raison de ce que, à ma connaissance, tu as prié pour le Prophète auprès de son tombeau quatre mille fois, donne-moi cent dinars en or. »

Ibn Moudjâhid poursuit en ces termes : « Les yeux de 'Alî, fils de isâ, furent baignés de larmes. Puis il dit : « Allah et son Envoyé ont dit vrai et toi aussi, ô homme, tu as dit vrai. Voilà un fait que personne n'a connu, hors AUâh le Très Haut et son Envoyé (puisse AUâh répandre sur lui bénédiction et salut !). Serviteur, apporte le sac. » Le serviteur le plaça à sa portée; il y enfonça la main et en tira cent dinars en disant : « Ce sont les cent dont t'a parié l'Envoyé d'Allah (puisse Allah répandre ^ur lui bénédiction et salut!). Voici cent autres pour la bonne nouvelle que tu m'as annoncée. En voici encore cent dont nous te faisons présent. » L'homme sortit de chez 'Ali, emportant dans sa manche trois cents dinars. »

Le chef, le pèlerin {al-kâ'id al-hâdjdj) Aboû 'Ali m'a raconté en ramaMân TiBS ', à l.lousn Kaifâ, ce qui suit : « J'étais,

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