‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 91 sur 108 · Entre le 16 avril et Ifi 15 mai · texte numérisé non relu

Entre le 16 avril et Ifi 15 mai

d'ousâma ibn mounkidh 173

dit-il, dans la boutique {doukkàn) de Mohammad, flls de Alî, fils de Mohammad. flls de Màma, lorsque passa devant nous un brasseur corpulent, aux jambes épaissies. Mohammad* l'appela et lui dit : « 0 musulman, je t'en conjure par Allah, raconte-lui ton histoire. » — Il répondit : « Je vendais, comme tu le vois encore, de la cervoise. Je m'endormis, dans la nuit du mardi au mercredi, très bien portant. Lorsque je me réveillai, la moitié de mon corps avait fondu, j'étais incapable de remuer, mes deux pieds s'étaient desséchés et amincis au point qu'il en restait seulement la peau et les os, et je me traînais en arriére, parce que mes pieds ne me suivaient pas et qu'ils restaient absolument immobiles. Je m'assis sur la route où devait passer Zain ad-Dîn 'Alî Koûdschek (qu'Allah l'ait en pitié!). Cet émir ordonna de me transporter dans sa maison. On me transporta et l'on manda les médecins. Il leur dit : « Je désire que vous me guérissiez ce malade. » — « Oui, répondirent-ils, nous le guérirons, si AUâh le veut. » Ensuite ils prirent un clou qu'ils rougirent au feu et s'en servirent pour cautériser mon pied, sans que je le sentisse. Ils annoncèrent le résultat à Zain ad-Dîn : « Nous ne pouvons pas guérir ce malade, il n'y a pas moyen. » Alors l'émir me donna deux dinars et un âne. L'âne resta chez moi environ un mois et mourut. Je retournai m'asseoir sur le chemin de Zain ad- Dîn : il me donna un autre âne qui mourut. Il m'en donna un troisième qui mourut. Je l'implorai de nouveau. Il dit à l'un de ses compagnons : « Emmène cet homme, et jette-le dans le fossé. » Je m'adressai à Zain ad-Dîn : « Par Allah, ordonna qu'on me jette sur la hanche, car je n'y éprouve aucune espèce de sensation. » — Mais l'émir dit : « J'ordonne qu'on te jette la tête en avant. » L'envoyé de Zain ad-Dîn (qu'Allah l'ait en pitié!) vint vers moi, mais il ne tarda pas à me rame^ ner auprès de lui. Ce qu'il avait prescrit de me jeter dans le fossé n'était qu'une plaisanterie. Lorsque je me trouvai de nouveau en sa présence, il me donna quatre dinars et un âne. Je demeurai dans ce même état jusqu'à une nuit où je vis en rêve un homme qui se tenait devant moi et qui me dit : « Lève-toi. » — Je lui demandai : « Qui es-tu? » — Il répon-

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