Après le 10 Juillet 117G
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de servir jusqu'à sa mort. Par ses dernières volontés, il ordonnait de m' affranchir. Je sortis du pays des Grecs et je me dirigeai vers l'une des villes de l'occident. Je m'engageai comme scribe dans la boutique d'un boulanger qui avait dans sa clientèle l'un des propriétaires de cette ville.
« Au commencement du nouveau mois, un serviteur de ce propriétaire arriva chez le boulanger et lui dit : « Mon maître te fait mander, pour que tu règles tes comptes avec lui. » Le boulanger se fit accompagner par moi, et nous nous rendîmes vers son client, avec lequel je comptai à haute voix. Lorsqu'il eut reconnu mon talent de comptable et admiré mon écriture, il me réclama au boulanger qui me céda, et il me confia le soin de faire rentrer les impositions de ses immeubles. Il possédait une fortune considérable et il m'octroya une maison voisine de sa résidence.
« Lorsqu'un certain temps se fut écoulé, il me dit un jour : « 0 Aboù Bakr, que penses-tu du mariage? » — Je répondis : « Je n'ai pas les ressources nécessaires pour moi-même, comment aurais-je assez pour une femme? » — Il reprit : « Je te fournirai la dotation, la demeure, les vêtements et tout ce qu'il te faudra. » — Je dis : « Ordonne ! « — Il continua : « 0 mon fils, la femme que je te destine a de nombreux défauts physiques. » Et il n'y eut sorte de défaut physique dans son corps, depuis la tête jusqu'au pied, qu'il ne m'énumérât, tandis que je disais : « Je suis satisfait. » Et ma pensée intime était conforme à ce que je laissais percer. Il finit par me dire : « Ton épouse est ma fille. » 11 convoqua une réunion et l'union fut contractée.
« Au bout de quelques jours, il me dit : « Prépare-toi à entrer dans ta maison. » Puis il me fit revêtir un costume magnifique. J'entrai dans une maison luxueusement meublée et installée. Puis on me fit asseoir sur une estrade de coussins et l'on introduisit la mariée sous une robe colorée. Je me levai pour aller à sa rencontre. Lorsqu'elle eut soulevé la robe colorée, je vis une apparition telle que je n'avais jamais rien vu de plus beau dans ce monde.
« Je m'enfuis de la maison plutôt que je n'en sortis. Le vieillard me rencontra et m'interrogea sur la cause de ma fuite. Je lui répondis : « Assurément l'épouse n'est pas celle
dont tu m'as décrit les défauts physiques. » — Il sourit et dit : <( 0 mon flls, elle est ta femme et je n'ai pas d'autre enfant qu'elle. Je ne t'ai fait la description que tu rappelles que pour t'empêcher de dédaigner ce que tu verrais. » Je revins et elle se découvrit à moi.
« Le lendemain matin, je me mis à examiner les ornements et les pierres précieuses dont elle était parée. Je vis, parmi les objets qu'elle avait sur elle, le collier que j'avais trouvé à La Mecque. Je m'en étonnai et je me plongeai dans la réflexion à ce sujet. Lorsque je sortis de la maison, mon beau-père me fit appeler et m'interrogea sur mon état, en disant : « La jouissance licite a mutilé le nez de la jalousie. » Je le remerciai de sa conduite à mon égard, puis je lus obsédé par l'idée du collier qui était parvenu entre ses mains. Il me dit : « A quel propos réfléchis-tu 1 » — Je répondis : « A propos de tel et tel collier. Car j'ai fait le pèlerinage en telle année; je l'ai trouvé ou bien un collier pareil dans le sanctuaire. » — 11 poussa un cri et dit : « C'est donc toi qui m'as rendu le collier! » — Je repris : « Oui, c'est bien moi. » — Il répliqua : « Réjouis-toi; car AUâh nous a pardonné, à moi et à toi. J'avais invoqué alors Allah (gloire à lui !), afin qu'il me pardonnât, ainsi qu'à toi, et afin qu'il me permît de te rendre la pareille. Je t'ai depuis lors confié ma fortune et mon enfant. Je ne pense pas que mon trépas se fasse longtemps attendre. » Ensuite il fit un testament en ma faveur et ne tarda pas à mourir (qu'AUâh l'ait en pitié I). »
L'émir Saif ad-Daula Zenguî, fils de Karâdjâ (qu'Allah l'ait en pitié!), m'a raconté ce qui suit : « Schâhânschâh nous invita à Alep (or, il était le mari de la sœur de Zenguî). Lorsque nous fûmes réunis chez lui, nous envoyâmes chercher un de nos compagnons que nous fréquentions, l'un de nos commensaux, irréfléchi de nature, aimable en société, en faveur de qui nous avions demandé une invitation. Il arriva et nous lui ofi'rîmes delà boisson. Mais il répondit : « Je dois m'en abstenir, car le médecin m'en a interdit l'usage pour quelques jours, jusqu'à ce que cette glande scrofuleuse soit fendue. » Or, il avait sur le derrière du cou une glande énorme. Nous lui dîmes : « Fais comme nous aujourd'hui ; tu t'abstiendras demain. » Ce qu'il fit et il but avec nous jusqu'à la fin du jour.
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« Nous demandâmes à Scliàhânscliâh quelcjue chose à manger. Il prétendit ne rien avoir; mais, sur notre insistance, il consentit à nous faire apporter des œufs que nous ferions cuire sur le brasero. Il fournit les œufs, tandis que nous disposions d'un plat creux. Nous brisâmes les œufs, dont le contenu fut vidé dans le plat creux, et nous plaçâmes la poêle sur le brasero, afin qu'elle chauffât. Je fis signe à cet homme qui avait la glande au cou de gober des œufs. Il porta à sa bouche le plat creux pour en avaler quelques-uns; mais, au même moment où il en goba, le reste de ce que le plat renfermait se répandit sur son cou. Nous demandâmes au maître de la maison : « Remplace-nous les œufs, » mais il refusa net. Après avoir bu, nous nous séparâmes.
« Le lendemain, j'étais de bon matin sur ma couche, lorsqu'on frappa à ma porte. Une servante sortit pour voir qui était là. Voici que c'était ce même ami. Je dis : « Fais-le entrer. » Il vint à moi, tandis que j'étais étendu sur ma couche, et me dit : « 0 mon maître, cette glande que j'avais au cou, j'en suis débarrassé et il n'en est pas resté trace. » Je regardai l'endroit, qui maintenant ressemblait aux autres côtés de son cou, et je lui demandai par quel procédé il avait fait disparaître la glande. Il répondit : « Gloire à Allah! Je ne sache pas que j'aie employé aucun procédé en plus de ce que je faisais; seulement j'ai avalé ces œufs crus. » Gloire au Tout Puissant, qui met à l'épreuve, qui préserve! »
Il y avait chez nous à Schaizar deux frères, dont l'aîné se nommait Mouthaffar et le cadet Mâlik, tous deux fils de 'Ayyâcl et natifs de Kafartâb. En leur qualité de commerçants, ils voyageaient à Bagdâdh et dans d'autres villes. Mouthaffar fut atteint d'une hernie très forte qui le fatiguait. Il traversa, dans une caravane, As-Samâ^va pour se rendre à Bagdâdh. La caravane fit halte dans une tribu d'entre les tribus arabes, où l'on offrit aux voyageurs, comme plat d'hospitalité, des oiseaux cuits à leur intention, dont ils soupèrent. Puis ils s'endormirent. Mouthaffar se réveilla et réveilla le compagnon couché à côté de lui, auquel il dit : « Est-ce que je dors ou est-ce que je veille f » — L'autre lui répondit : « Tu veilles. Si tu dormais, tu ne parlerais pas. » — Mouthaffar s'écria : « Mon hernie a disparu et il n'en est pas resté trace. » Le
voisin regarda. MoiUhaftar était revenu au même état de santé que les autres. Le lendemain matin, les hôtes des Arabes leur demandèrent avec quoi ils les avaient hébergés. Ils répondirent : « Vous avez fait halte parmi nous, alors que nos bêtes de somme étaient dans des pâturages éloignés. Nous sommes sortis et nous avons capturé déjeunes corbeaux que nous avons fait cuire pour vous. »
Lorsque les hommes de la caravane parvinrent à Bagdâdh, ils se rendirent à l'hôpital et racontèrent au directeur l'histoire de Mouthaffar. Le directeur parvint à se procurer de jeunes corbeaux, dont il nourrit ceux qui souffraient de cette même maladie, mais sans obtenir aucun résultat, sans que le remède produisît aucun effet. Il en vint à dire : « Ces petits que Mouthaffar a mangés avaient reçu de leurs pères comme becquée des vipères. Telle a été la cause de leur action bienfaisante. »
Un pendant de cette anecdote est la suivante : Quelqu'un se présenta chez Youhannâ Ibn Botlân, le médecin célèbre par ses connaissances, par sa science et par sa supériorité dans la pratique de son art. Il le trouva dans sa boutique à Alep et se plaignit à lui d'une maladie bien apparente. 11 était atteint d'hydropisie, avait le ventre gonflé, le cou aminci, Je teint altéré. Ibn Botlân lui dit : « 0 mon flls, je n'ai point de remède pour toi, et la médecine est impuissante à l'égard de ton mal. » Le patient se retira ; puis, au bout d'un certain temps, il passa devant Ibn Botlân qui était dans sa boutique. La maladie avait disparu, le corps avait maigri, la mine était excellente. Ibn Botlân l'appela et lui dit : « N'est-tu pas celui qui s'est présenté chez moi naguère, étant atteint d'hydropisie? Tu avais le ventre gonflé, le cou aminci et c'est bien à toi que j'ai dit n'avoir aucun remède pour te guérir? » — « En effet, )) répliqua-t-il. — « Par quel procédé, reprit le médecin, t'es-tu soigné au point que ton mal a disparu? » — L'homme répondit : « Par Allah, je ne me suis soigné en aucune façon. Je suis un indigent sans ressources et personne ne s'inquiète de moi, excepté ma mère, une vieille femme épuisée par l'âge. Or, elle possédait dans une petite jarre du vinaigre dont elle versait chaque jour quelques gouttes sur mon pain. » — Ibn Botlân dit alors : « Est-il resté un peu de ce vinaigre? » —
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« Oui, » répondit son interlocuteur. — « Viens avec moi, dit le médecin, montre-moi la jarre qui contenait le vinaigre. » L'homme précéda Ibn Botlân jusqu'à sa maison et lui fit examiner la jarre au vinaigre. Ibn Botlàn en vida le contenu et trouva au fond deux vipères dépecées. « 0 mon cher fils, dit alors Ibn Botlàn, pour te soigner avec ce mélange de vinaigre et de vipères de manière que tu guérisses, il n'y a qu'Allah, le Glorieux, le Puissant. »
Cet Ibn Botlàn avait en médecine des trouvailles merveilleuses. C'est ainsi qu'un homme vint à lui, tandis qu'il était dans sa boutique à Alep. Cet homme n'avait plus de voix et pouvait à peine se faire comprendre lorsqu'il parlait. « Quel est ton métier f » lui demanda Ibn Botlàn. — Il répondit : « Je suis un cribleur. » — « Apporte-moi, dit le médecin, une demilivre de vinaigre piquant. » Il le lui apporta, reçut l'ordonnance de le boire, le but, s'assit un moment, fut pris de vomissements et rejeta, avec ce vinaigre, de la boue en abondance. Sa gorge fut dégagée et sa voix rétablie. Ibn Botlàn dit alors à son fils et à ses élèves : « Ne soignez aucun malade par ce procédé, car vous le tueriez. Cet homme avait dans l'œsophage des grains de poussière provenant du crible, qui s'y étaient attachés. Rien ne pouvait les en faire sortir, hors le vinaigre. »
Ibn Botlàn était attaché au service de mon arrière-grandpère Aboù '1-Moutawwadj Moukallad ibn Nasr Ibn Mounkidh. Il se manifesta chez mon grand-père Aboû '1-Hasan 'Ali ibn Moukallad ibn Nasr Ibn Mounkidh (qu'Allah l'ait en pitié!) une apparence de lèpre, alors que celui-ci était un jeune enfant. Cela troubla son père qui se préoccupa de sa maladie et fit appeler Ibn Botlàn. « Regarde, lui dit-il, l'accident qui s'est produit dans le corps de 'Alî. » Le médecin regarda et dit : « Je voudrais cinq cents dinars pour le soigner et le débarrasser de cela. » — Mon arrière-grand-père répondit : « Si tu soignais 'Ait, je ne me croirais pas quitte envers toi avec cinq cents dinars. » Lorsque Ibn Botlàn eut remarqué la fureur de mon arrière-grand-père, il s'écria : « 0 mon maitre, je suis ton serviteur, ton esclave, dans ta dépendance. Ce que j'ai dit, je ne l'ai dit qu'en plaisantant. Les taches ne sont chez 'Ali que la dartre de la jeunesse. Lorsqu'il deviendra un adolescent, elles disparaîtront. Ne t'en fais
donc aucun souci. Aucun autre médecin ne s'engagera non plus à le soigner, en t'imposant l'achat de certains médicaments. Car cela s'en ira de soi-même quand il aura grandi. » Son pronostic se réalisa.
Il y avait à Alep, entre les femmes les plus distinguées, une femme nommée Barra. Elle fut atteinte d'un refroidissement à la tête. Elle y accumulait le coton de choix, le bonnet, les étoffes veloutées, les longues bandes roulées, au point qu'on eût dit sur sa tète un immense turban. Et pourtant elle demandait du secours contre le froid. Elle manda Ibn Botlân et se plaignit à lui de sa maladie. Il lui dit : « Procure-moi pour demain matin cinquante mesures (mithkâl) de camphre sentant fort, que l'on te prêtera ou que tu loueras à quelque parfumeur, car la quantité lui retournera intégralement. » Elle avait le camphre, lorsque Ibn Botlàn arriva dès l'aurore. Il jeta tout ce qu'elle avait sur la tête et lui bourra les cheveux avec ce camphre. On remit ensuite sur sa tête tout ce qui l'enveloppait, quand la malade gémissait sur le froid. Elle s'endormit un moment et se réveilla, en se plaignant de chaleur et de lassitude excessives à la tête. Elle enleva successivement, objet par objet, ce qui y était entassé au point qu'il n'y resta qu'un fichu. Ensuite elle secoua ses cheveux pour en faire tomber le camphre. Son refroidissement avait cessé. Elle se contenta désormais sur la tête d'un seul fichu.
Il m'arriva à Schaizar une aventure du même genre. J'éprouvais un refroidissement violent et des frissons sans chaleur. Pourtant j'étais couvert de nombreux vêtements et de ma pelisse. Toutes les fois que je faisais un mouvement pour m'asseoir, j'avais des tremblements, les cheveux de mon corps se hérissaient et je me repliais sur moi-môme. Enfin, je fis appeler le schaikh Aboû '1-Wafà Tamîm le médecin. Je me plaignis à lui de ma souffrance. « Procurez-moi, dit celui-ci, une citrouille. » On lui en apporta une; il la partagea en plusieurs tranches et me dit : « Manges-en autant que tu pourras. » — « Mais, lui répondis-je, ô docteur! je suis à la mort par suite d'un refroidissement et la citrouille est froide; comment se fait-il que je doive cependant en mangcrV » — Le médecin reprit : « Mange, comme je te le dis. » J'obéis. Aussitôt je transpirai et mon impression de refroidissement
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disparut. « Ce que tu ressentais, me dit Aboû '1-Wafâ, provenait d'un échauffement de la bile et non d'un froid réel. »
J'ai fait connaître plus haut quelques détails relatifs à ce qu'il y a d'extraordinaire dans les songes. J'avais, d'ailleurs, dans mon livre intitulé : « Le sommeil et les rêves », mentionné, au sujet du sommeil et des songes, les diverses opinions de ceux qui s'en sont occupés, les heures propices aux visions, les paroles mêmes des savants qui en ont parlé, avec citations à l'appui des vers arabes qui s'y rapportent. J'ai développé mon exposition et j'y ai épuisé le sujet. Il n'est donc pas nécessaire d'y revenir ici.
Cependant j'ai encore rapporté l'anecdote suivante pour ce qu'elle a de piquant et pour ce qu'elle me rappelle. Mon grandpére Sadîd al-Moulk Aboû '1-Hasan 'Alî, fils de Moukallad, fils de Nasr, le Mounkidhite (qu'Allah l'ait en pitié!), avait une servante nommée Lou'lou'a, qui prit soin de mon père Madjd ad-Dîn Aboû Salâma Mourschid, fils de 'Alî (qu'Allah l'ait en pitié !). Lorsque celui-ci devint plus âgé et quitta la maison paternelle, elle le suivit. Ce fut mon père qui me nourrit, ce fut cette vieille qui m'éleva jusqu'à ce que je fusse d'âge à me marier et à quitter la maison de mon père (qu'Allah l'ait en pitié!) Elle partit avec moi : à mon tour, je pourvus du nécessaire mes enfants et elle les éleva. Elle était (qu'Allah l'ait en pitié!) pieuse, pratiquant le jeûne, passant la nuit en prières.
De temps en temps, Lou'lou'a souffrait de coliques. Elle en eut une attaque si violent! à certain jour qu'elle en perdit la raison et que l'on désespéra de la sauver. Elle resta dans cet état pendant deux jours et deux nuits ; puis elle se remit et dit : « Il n'y a pas de Dieu excepté Allah ! Combien était merveilleux ce par quoi j'ai passé! Je me suis rencontré avec tous nos morts : ils m'ont fait des récits extraordinaires et m'ont dit entre autres choses : « Certes, cette colique ne s'attachera plus à toi. » Elle vécut après cela de nombreuses années, sans subir aucune atteinte de colique. Elle vécut près de cent ans, faisant toujours ses prières avec régularité (qu'Allah l'ait en pitié!).
J'allai une fois la voir dans une demeure que j'avais détachée pour elle de mon habitation. Elle se servait d'une
écuelle, afin de laver une serviette pour les ablutions qui accompagnent les prières. Je lui dis : « Qu'est-ce que ceci, ô ma mère? » — Elle répondit : « Ils ont touché cette serviette avec des mains sentant fortement le fromage. J'ai eu beau la laver, elle a continué à exaler l'odeur du fromage. » — Je repris : « Montre-moi le savon avec lequel tu fais ton lavage. » Elle le sortit de la serviette. Or, voici que c'était un morceau de fromage, qu'elle avait pris pour du savon. Toutes les fois qu'elle frottait la serviette avec ce fromage, elle s'imprégnait de plus en plus de ses parfums. Je dis : « 0 ma mère, c'est du fromage, ce n'est pas du savon. » Elle examina ce dont elle s'était servi : « Tu as raison, ô mon cher fils; j'étais convaincue que ce ne pouvait être autre chose que du savon. » Béni soit Allah, le plus véridique de ceux qui parlent! Allah dit : « Ceux que nous conservons en vie, nous renversons leur forme extérieure '. » La longévité provoque l'ennui, les accidents et les malheurs se multipliant au point de ne pouvoir plus être comptés. Il y a dans les existences un terme où l'on se sent attiré par un désir ardent vers Allah le Puissant, le Glorieux, où l'on demande grâce pour le temps qui reste à vivre, où la miséricorde et la faveur d'Allah envers l'homme consistent à le gratifier de la mort. Car Allah (gloire à lui) est le plus noble pour exaucer les prières, le plus disposé à réaliser les espérances. Gloire à Allah l'Unique; que ses bénédictions et son salut se répandent sur notre maître Mohammad, ainsi que sur la famille du Prophète! •