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''' Il avait dix-huit ans ; ses études ëtaienl terminées: la lecture des bulletins de l'inimorleUe campagne d'Âuslerlitz avait enflammé son imaginaliun: il voulut être militaire. Son père le présenta au général qui commandait le département et il l'ut admis à Thonneur de servir daiis la ijiardf isiipi-rialc en ijn.diîéde
2kk LE JEUNE VÉLITE.
vëlite (1). Arrivé à Paris, il fut incorporé dans les chasseurs h cheval qu'on appelait les Guides , alors le plus beau corps de l'armée , ces enfans gâtés de l'empereur qui les connaissait
(1) Pour compléter en quelque sorte cet article, si plein de vérité, nous croyons faire plaisir à l'auteur qui s'est caché sous le pseudonyme dit Grognard du Morvan, en publiant la note suivante qui nous a été communiquée à ce sujet par M. Merienne, capitaine au 10« de cuirassiers, et lui-même ancien vélite dragon de la garde impériale.
« A la formation du corps des vélites, en 180Î), dit cet officier, on les admit dans les grenadiers, dans les chasseurs à pied , dans les grenadiers et dans les chasseurs à cheval de la garde, et jusque dans les dragons. Ils faisaient partie intégrante des corps de la garde auxquels ils appartenaient. Les vélites à pied payaient 200 fr. de pension au gouvernement, les vélites à cheval 300 fr. Chaque département pouvait en fournir un nombre déterminé ; ils étaient présentés par le préfet au ministre de la guerre, qui les nommait. En arrivant à Paris, ceux de la cavalerie se présentaient chez le colonel Fusil, à l'École militaire. Suivant leur taille, cet officier désignait le régiment dans lequel ils devaient être incorporés. Il y avait par régiment de cavalerie (grenadiers, chasseurs et dragons), deux compagnies de vélites (n"^ 9 et 10), fortes chacune d'environ 150 à 160 hommes. Ces compagnies étaient considérées comme appartenant à \a vieille garde, parce qu'ils en touchaient la solde; ils en faisaient le service , sans toutefois que les simples soldats pussent y obtenir de l'avancement. Les brigadiers, sous-officiers et officiers des compagnies étaient choisis dans le régiment de la garde auquel ils appartenaient, et, de préférence, parmi les plus anciens; ils étaient considérés comme officiers , sous-officiers et brigadiers de la vieille garde. Tous les soldats vélites passaient, au bout d'un certain temps, sous-liciUenans dans la ligne. En campagne, ils étaient répartis dans les compagnies d'anciens. A partir de 1812 , ou n'admit plus de vélites dans la vieille garde à cheval , il y avait long-temps qu'on n'en recevait plus dans celle à pied ; ils entraient dans les lanciers rouges (jeune garde), et, à fort peu d'exceptions près, ne passèrent plus que sous-officiers dans la ligne. »
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presque tous par leur nom. C'était débuter heureusement !
Dès qu'il fut habillé, le jeune vélite alla visiter une jolie cousine qu'il avait à Paris : on le trouva charmant sous l'uniforme, on lui prédit mille succès, et ces louanges féminines flattèrent si agréablemeut le cœur du chérubin en pantalon collant de daim et en kolbacli, qu'il oublia l'heure de l'appel. De retour au quartier de l'Ecole militaire, le brigadier de chambre, vieux troupier aux longues moustaches rousses et h la figure balafrée, lui ordonna de quitter son bel uniforme , et après lui avoir fait prendre la veste d'écurie , le pantalon de toile et les sabots, le conduisit à la salle de police oii il passa la nuit couché sur un peu de paille. Le lendemain le colonel le fit appeler et lui dit :
— Pourquoi avez- vous manqué à l'appel ?
— Monsieur, répondit le pauvre prisonnier d'une voix suppliante, ayez la bonté de m'excuser , j'étais allé voir ma cousine , et auprès d'elle j'ai tout oublié.
— Jeune homme, défiez- vous des cousines de Paris, elles sont plus dangereuses que les
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dragons russes, car c'est droit atica^Hrqir^tîés frappent toujours; pour vous mettre à l'abri de leurs coups, vous allez parlir sur-le-champ pour Versailles, où les instructeurs s'occuperont de votre éducation militaire.
Après quatre mois de service , on jugea le vélite assez instruit pour paraître h une grande revue. C'était le 15 septembre 1806 , toute la garde impériale était réunie dans le Carrousel et dans la cour des Tuileries. L'empereur y arriva accompagné de son nombreux et brillant état-major. Quoique Napoléon n'eût alors que trente-sept ans . il était pourtant un des plus âgés de cette troupe de héros. 11 passa devant les lignes au galop, puis il les fil former en colonnes et entra à pied dans les rangs pour s'assurer lui-même du bon état des armes; puis il s'entretint long-temps avec le chirurgien Larrey (lui, après le maréchal Bessières, était l'homme de la garde que les grognards aimaient le mieux. '■ "' '^"" ^
Après cette revue, les troupes manœuvrèrent avec une admirai)le précision. Pendant le défilé, l'empereur fut salué des plus vives acclamations; mais il resta constamment peu-