‹ Souvenirs intimes sur m. de TalleyrandChapitre 21 sur 48 · M. DE TALLEYRAND ET SON AMI BEAIJMETZ · texte numérisé non relu

M. DE TALLEYRAND ET SON AMI BEAIJMETZ

Le plus récent apologiste du prince de Talleyrand est M. Feuillet de Gonches qui, dans le cinquième volume des documents épistolaires et autres sur Louis XVI ^ Marie- Antoinette et Madame Elisabeth, saisit Toccasion de nous vanter les qualités aimables en mémo temps que Thabileté du grand diplomate sous lequel il a fait ses débuts dans la chancellerie du ministère des affaires étrangères. M. Feuillet de Gonches réfute M. de Mercy qui, dans un rapport au prince de Kaunitz, dénonçait, entre autres ministres imposés à Louis XYI en 1792, M. de Narbonne comme le plus fatal de tous, parce qull avait pour conseil l'ancien évéque d'Autun, MM. de Beaumetz et Ghapelier, trois grands scélérats de l'Assemblée constituante. M. Feuillet trouve curieux que M. de Mercy fît un grand scélérat du bon Albert Brion, chevalier de Beaumetz, ancien premier président du conseil supérieur d'Arras, nommé par la noblesse d'Artois aux états généraux, où le concitoyen de M. de Robespierre se i*angea dans le parti constitutionnel, fit décréter l'abolition de la torture, se prononça contre la vente des biens du clergé et l'éligibilité des juifs, etc. Quant à l'ancien évéque d'Antun, M. de Talleyrand, M. Feuillet s'étonne que M. de Bacourt, ayant reproduit avant lui la lettre où M. de Mercy avait copié ce pai*agraphe, ait pi*éféré le supprimer plutôt que >de s'inscrire en faux contre une telle dénonciation et faire l'apologie de M. de Talleyrand : « Moi qui, dans ma jeunesse, ai eu l'honneur de travailler sous ses ordres^ ajoute M. Feuillet, moi, pour qui il a fait preuve d'une extrême bienveillance, je suis persuadé que cette apologie eût été

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plus facile à M. de Bacourt qu'à tout autre, puisqu'il possédait les mémoires et tous les papiers de l'ancien évoque d'Autun. On était trop leste, à cette époque de trouble des esprits^ comme en toutes les révolutions, à taxer de « scélérats » les hommes que Ton trouvait dans une voie différente de la sienne. Tous les partis se renvoyaient alors ces épithètes ; les révolutionnaires ne les ménageaient pas aux partisans de la cour, et vice versa, » M. Feuillet a raison et il réfute lui-même l'abbé Georgel, lorsque l'abbé compare M. de Talleyrand, recevant le prix honteux de sa motion sur l'aliénation des biens du clergé, au traître qui déshonore le collège des apôtres, a Les opinions politiques de M. de Talleyrand, reprend M. Feuillet, repoussent toute idée de corruption.» La raison est un peu faible. M. Feuillet en dirait-il autant de Mirabeau? Est-ce assez d'ajouter que M. de Talleyrand, « puissant d'esprit et d'à-propos, a percé de tout côté les horizons politiques ; que s'il a changé, c'est toujours avec le pays; et que quiconque a eu l'honneur de l'approcher n'a pu se défendre d'un sentiment de respect pour son humeur sage, liante et douce, pour soïi grand senô, pour l'élévation et la pénétration de son génie, pour sa bienveillance et sa bonté? »... « Cette vieille ruine», conclut enfin M. Feuillet, qui, à tour de rôle, « servit d'appui à tous les empires », aurait mérité que M. de Bacourt saisît l'occasion de prendre sa défense au lieu de l'éluder. » M. Feuillet, qui raconte très-bien la mission que M. de Talleyrand remplit en Angleterre dans l'année 1792, explique comment Louis XVI, avec 'ses scrupules religieux et ses principes austères, subit le choix d'un négociateur qui lui était si peu sympathique, « le roi voyant d'ailleurs en lui, malgré sa vie peu canonique, un homme sorti de l'ancien régime et qui ne pouvait tout à fait renier le passé.» Le roi et la reine d'Angleterre ne tinrent guère compte de la lettre

confidentielle par laquelle Louis XVI expliquait qu'en associant le sieur Talleyrand au sieur de Ghauvelin, il manifestait l'importance qu'il attachait au succès de la mission qui leur était confiée. Lors d'une présentation antérieure de M. de Talleyrand à la cour de Saint- James, le roi avait affecté de faire peu attention à lui, et la reine lui avait tourné le dos avec mépris, rejetant ce dédain sur sa réputation d'immoralité. L'exemple de la cour avait entraîné la société anglaise. On comprend donc que l'ex-marquis de Ghauvelin eût volontiers a jeté à la mer, » comme s'exprime M. Feuillet, un mentor qu'il pouvait accuser en partie du froid accueil qui lui était fait à lui-même à la ville comme à la cour. Qui aurait dit à l'ex-évêque que, quarante ans plus tard, il reviendrait à Londres en qualité d'ambassadeur du cousin du roi martyr, qu'il y exercerait une influence prépondérante et serait littéralement courtisé par les fils et les neveux de ces lords qui n'avaient répondu que par des affronts « à cette aménité de caractère, à cette grâce de langage, à cette sûreté de tact, » bref, à toutes ces qualités que son élève, M. Feuillet, énumère aujourd'hui pour justifier le choix du scrupuleux et religieux Louis XVL

Dans ses Mémoires, M. de Talleyrand n'aura pas oublié son confrère en « scélératesse, » M. de Beaumetz, un ami très-intime, qu'il tutoyait avant et après le tutoiement obligé de la République. Dans sa conversation, M. de Talleyrand parlait quelquefois de M. de Beaumetz et racontait comiment ils s'étaient retrouvés aux États-Unis, y avaient vécu ensemble et devaient retourner ensemble en France sur le même bâtiment. La veille de ce retour, ils se promenaient sur la « Batterie » de New-York et causaient amicalement, lorsque tout à coup M. de Talleyrand s'arrête, regarde son ami entre les deux yeux, lui appuie une main surTépaule et lui dit ; « Malheureux! tu en veux à ma vie

et tu te prépares à me précipiter dans Teau. » M. de Beaumetz est interloqué, pâlit et répond : « C'est vrai, l'idée de te tuer me préoccupe depuis quelque temps ; j'y ai résisté jusqu'ici de toutes mes forces, mais j'allais y succomber lorsque tu l'as devinée je ne sais par quelle heureuse inspiration. J'espère bien que cette idée fixe sera à jamais arrachée de mon esprit. — Je l'espère bien aussi ! » reprit M. de Talleyrand. Mais non complètement rassuré, il trouva un prétexte pour différer son départ et laissa M. de Beaumetz s'embarquer sans lui. — « Singulier incident, disaitil à la personne de qui je tiens ce détail épisodique : je dus doublement la vie à la révélation mystérieuse de Tinexplicable idée fixe de mon ami Beaumetz ; car le bâtiment sur lequel nous devions retourner tous les deux en Europe sombra en pleine mer, et l'on n'en entendit plus parler, non plus que des passagers. » Je regrette que M. Feuillet de Gonches ne soit pas un de ceux à qui M. de Talleyrand raconta plus d'une fois cette' anecdote personnelle, car il aurait pu nous dire si réellement M. de Beaumetz était sur le bâtiment perdu, ou si, d'aprcs une variante, il fut le seul des passagers qui échappa miraculeusement à la catastrophe et reparut soudain, en « corps » ou en « esprit, » pour ne disparaître définitivement du monde des vivants qu'en l'année 1812.

M. Feuillet de Gonches croit savoir que le second des trois grands scélérats du comte de Mercy ne serait mort qu'en 1807 (1).

Gn\ce à M. P. Margry, si nous écrivions une biographie

(i) D'après une communication obligeante de M. Margry, M. de Beaumetz se serait embarqué le 37 mai 1796 pour Calcutta et aurait laissé en Amérique M. de Talleyrand, qui ne se serait embarqué lui-même pour la France que le 13 juin de la môme année. Les deux amis se seraient donc réellement séparés après avoir vécu ensemble aux États-Unis pendant deux années, de 179^ à i796.

complète de M. de Talleyrand, nous pourrions donner quelques détails peu connus sur son séjour en Amérique, où M. de Beaumetz et lui se retrouvèrent avec d'autres émigrés notables^entre autres Moreau-Saint-Méry qui tenait un établissement de libraire-imprimeur et un débit de papeterie. M. de Beaumetz se maria avec une veuve sans fortune et déjà mère de plusieurs enfants.

C'est surtout dans un journal inédit de Moreau-Saint- Méry que M. P. Margry a recueilli les documents qu'il nous a communiqués sur le séjour de M. de Talleyrand à New-York, à Philadelphie et à Boston.

Après avoir dit adieu à M. de Talleyrand qui s'embarquait, le 13 juin 1796 , sur le brick Den-née^Prove faisant voile pour Hambourg, Moreau-Saint-Méry résume les souvenirs de ses relations intimes avec lui. On voit qu'à cette époque l'illustre diplomate inspirait et éprouvait luimême très- vivement le sentiment de l'amitié ; nous allons citer textuellement :

« Talleyrand vint dîner avec nous le 12 juin, et partit de chez moi le 13 pour Hambourg sur le brick Den-nêe-Prove, Me voilà donc privé de^ l'une de mes plus douces jouissances. Rien ne pourrait exprimer avec exactitude la nature de ma liaison avec Talleyrand, et c'était, depuis que j'avais perdu mon cher de Yarenne, l'ami qui le remplaçait le mieux dans mon cœur. Tous les jours où nous fûmes réunis à Philadelphie, depuis le mois d*octobre 1795 jusqu'à l'époque actuelle, il arrivait dans mon cabinet à huit heures du soir. Là, seuls et sans interruption, excepté quand Beaumetz, Talon, Blacon, Noailles, Volney, Payen, de Boisneùf, Demeunier, Boislandry y venaient ensemble ou séparément, nous nous ouvrions nos cœurs, nous en épanchions les sentiments, et nos pensées les plus intimes devenaient communes à l'un et à l'autre.

tlO SOUVENIRS INTIMES

« Nous passions dans ces entretiens délicieux tout le temps qui s'écoulait jusqu'à ce qu'on vînt m' annoncer que le souper était servi.

« Talleyrand ne soupait pas; moi Je soupais d'un peu de riz au lait cuit au four ou au poêle de mon magasin. Mais nous étions avec ma famille, et Guismont, Blacon, Beaumetz, Latouche étaient souvent au souper.

« J'avais du vin de Madère excellent qui plaisait beaucoup* à Talleyrand, il en buvait au souper. La gaîté présidait constamment à nos réunions où nous nous amusions souvent à polissonner, surtout lorsque Blacon s'amusait à monseigneuriser Talleyrand , qui s'en vengeait en lui donnant de son poignet de fer ce que les enfants appellent des manchettes.

a Enfin l'heure de se retirer arrivait, et il fallait que ma femme engageât là bruyante compagnie à aller se coucher. Combien de fois Talleyrand, arrivé jusque dans la petite cour placée au bas de mon escalier, le remontait et prolongeait la soirée. Il cédait enfin lorsque ma femme lui disait : « Vous ferez»demain le paresseux dans votre lit jusqu'à midi, tandis qu'à sept heures du matin votre ami sera forcé d'aller ouvrir son magasin.» D'autres fois c'était dans ce magasin que Talleyrand, Beaumetz, Blacon et M. de Liancourt continuaient leur sabbat dans le jour même, malgré mon observation que les Américains n'entrent jamais dans un magasin où ils entendent du bruit, et qu'ainsi on éloignait les chalands du mien. On n'en finissait que de guerre lasse, surtout lorsque M. de Liancourt et mon fils se pelotaient comme deux écoliers.

tt Tous les soirs que nous passâmes ensemble, sans exception d'un seul^ Talleyrand et moi, nous parlions du sort passé de la France, de celui qui est devenu son partage et enfin de ce que nous pensions de son avenir. Dans cette dernière

partie du tableau, nous en vînmes à contempler la Louisiane et nous y. trouvions des motifs d'en désirer l'habitation pour nous-mêmes. Nous déterminâmes donc de tourner toutes nos vues de ce côté, et Talleyrand arrêta que nous finirions par en devenir les administrateurs.

« Soit dans ce projet, soit pour tous nos desseins de ne pas nous quitter un jour, Talleyrand et moi nous terminions à chaque soirée notre entretien, lorsqu'on venait faire Tannonce du souper , par un serment , nos mains réunies, que, tout le reste de notre vie, notre sort serait commun par les affections, les sentiments, les succès de quelque genre qu'ils fussent, même sous le rapport de la fortune.

« Il est facile de penser que des rapports aussi intimes n'excluaient rien, et que rien de ce qui pouvait intéresser l'un des deux n'était étranger à l'autre.

« C'est ainsi que, publiant mon article Danse tiré de mon Répertoire colonial, au commencement de 1796, cet article écrit par moi et composé par mon fils dont j'avais fait un excellent compositeur, Talleyrand exigea que je lui donnasse les épreuves à corriger de ce morceau qu'il appelait un joli tableau de l'Albane. Partout et pour tout, égal partage d'affection ; enfin jamais l'expression vulgaire : unis comme les deux doigts de la main, n'offrit une plus parfaite application que ma liaison avec Talleyrand.

« Il me témoigna, lors de son départ pour Hambourg, son vif désir de se charger de mon fils, sans qu'il me laissât pour lui d'autre soin que celui d'aimer ce tendre et intéressant enfant. Ma femme, quelque touchée qu'elle fût, répondit à Talleyrand qu'il n'était pas assez sûr de l'état de la France pour prendre déjà l'embarras de notre fils, qu'il pouvait éprouver à la mer un événement qui le forcerait de relâcher à Saint-Domingue, ou qui lui fît rencontrer un

bâtiment de cette île où le nom de mon fils pourrait en être un fatal pour lui.

« Puis ma femme m'ajouta en confidence qu'elle redoutait même les dispositions de Talleyrand pour notre enfant, parce qu'il lui donnerait des goûts que nous ne pourrions pas entretenir et qui pourraient refroidir son cœur pour nous.

« J'ajournai donc ma résolution sur ce point au grand déplaisir de Talleyrand, sur le bâtiment duquel j'embarquai cent exemplaires de ma description de la partie espagnole de Saint-Domingue et deux cents exemplaires de ma description des prisons de Philadelphie dont Talleyrand devait tâcher à Hambourg de me procurer la défaite.

« Je conduisis Talleyrand jusqu'à bord et nous restâmes, mon fils et moi, sur le rivage, à attendre que son vaisseau disparût à nos yeux. »

C'est encore à M. P. Margry que nous devons la copie de la lettre qu'écrivit d'Amérique M. de Talleyrand au ministre des relations extérieures, pour lui accuser réception du décret du 3 septembre 1795 qui lui rouvrait les portes de la France.

« Citoyen Ministre,

« Après trois années d'exil, de calomnies et de persécutions de tout genre, j'ai donc enfin obtenu de faire tomber une accusation que ses auteurs mêmes n'ont jamais pu croire sérieuse. Je reçois cet acte de justice avec une conscience qui me permet d'en goûter toute la douceur. Tous mes vœux ont été pour la France, pour sa liberté, pour son bonheur. C'est en lisant le récit de ses victoires, en m'associant à la gloire de son indépendance, que j'ai trouvé

de la patience contre Texil, dn courage contre Tadversité. Privé du droit de servir la liberté, du moins je souffrais pour une si belle cause.

« Dès que le retour du printemps rouvrira la navigation, je retournerai au sein d'une patrie que l'absence m'a rendue plus chère et dont l'honorable jugement m'impose de nouveaux devoirs. Je remets entre vos mains, citoyen ministre, l'expression de mon respect, de ma reconnaissance et de ma fidélité, et je vous demande de la transmettre aux autorités constituées de la République. »

Il n'est pas sans intérêt de i approcher de cette lettre au ministre des affaires extérieures sous la République, celle que M. de Talleyrand, étant lui-même promu à ce. ministère, adressa deux ans après au général Bonaparte pour se mettre indirectement sous les ordres de celui qu'il prévoyait devoir bientôt remplacer le Directoire exécutif.

a Au général Bonaparte.

« iteris, le 6 thermidor an v (14 juillet 179T).

« J'ai l'honneur de vous annoncer, général, que le Directoire exécutif m'a nommé ministre dos relations extérieures.

« Justement effrayé des fonctions dont je sens la périlleuse importance, j'ai besoin de me rassurer par le sentiment de ce que votre gloire doit apporter de moyens et de facilités dans les négociations. Le nom seul de Bonaparte est un auxiliaire qui doit tout aplanir.

« Je m'empresserai de vous faire parvenir toutes les vues que le Directoire me chargera de vous transmettre, et la Renommée, qui est votre organe ordinaire, me ravira souvent le bonheur de lui apprendre la manière dont vous les aurez remplies. 9

En sa qualité de critique littéraire, M, Sainte-Beuve a cru devoir aénoncer le goût rétrograde de M. de Talleyrand, qu'il suppose peu admirateur de la poésie moderne. Dans une de ses lettres , le diplomate cite comme un chefd'œuvre certaine strophe que le voisinage du Jardin des Plantes avait inspirée au général Dupont. Cet officier malheureux à la guerre se consolait avec la muse lyrique, et il célébrait le grand caractère de l'éléphant qui refuse de procréer en captivité, de peur d'être le père d'une postérité d'esclaves. Cette strophe, sans doute, rappelle plutôt Jean- Baptiste Rousseau et Lefranc de Pompignan que Lamartine et Victor Hugo, mais elle n'est pas d'un Chapelain, et Victor Hugo en a fait de pires.

Dans cptte même lettre, il y a mieux qu'une strophe d'un goût douteux; c'est une de celles où M. de Talleyrand exprime très-simplement son amour pour les enfants, en disant que rien ne réjouit le cœur du vieillard comme la vue d'une jolie petite fille. . . alors môme qu'on n'est ni son grand'père ni son grand'oncle ; or, la petite fille qui le charmait par sa gentillesse était de sa famille. L'organe de la philogéniture était si saillant dans le crâne de l'exévôque, qu'il est fâcheux que M"»e de Talleyrand ne lui ait pas donné d'enfants.

A propos de poésie, on pourrait croire que M. de Talleyrand n'aimait pas moins Ossian que Jean-Baptiste Rousseau, puisqu'il fit de l'enthousiasme de Bonaparte pour le barde calédonien un des titres de recommandation dont il se servit en le présentant au Directoire :

« M. de Talleyrand, dit M°*e de Staël, en présentant Bonaparte au Directoire, l'appela le libérateur de l'Italie et le pacificateur du continent. Il assura (jue le général Bonaparte détestait le luxe et V éclat, misérable ambition des âmes

communes y et qu'il aimait les poésies d'Ossian, surtout parce qu'elles détachent de la terre. » ( Considérations sur la révolution française, tom. II.)

• M. de Talleyrand avait souvent exprimé son admiration pour les poésies de Lamartine. Le poëte, à son tour, a consacré trois entretiens de son Cours familier de littérature à proclamer M. de Talleyrand le continuateur du génie de Mirabeau sous la République, et l'oracle infaillible qui eût sauvé le premier Empire si Napoléon eût toujours suivi ses conseils.

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