H, DB TALLEYRAND ET M. STAPFBR
L'éloge le plus flatteur de M. de Talleyrand, ministre * des relations extérieures (adressé à lui-même il est vrai), est celui qui fut ajouté à l'éloge de Bonaparte, premier consul, par M. Stapfer, chargé d'affaires dé la légation helvétique, à Paris, de 1800 à 1803 : « Je me féliciterai, citoyen ministre, et m'honorerai toute ma vie d'avoir été en rapport avec vous, vous qui avez porté les lumières et l'urbanité de l'ancien régime dans le nouveau, vous qui avez prouvé que tous, les résultats du perfectionnement social et de la culture des premiers rangs de la société pouvaient s'allier
(1) Les mots flouli^s dans notre copie le sont aussi dans l'autographe.
264 SOUVENIMS INTIMES
parfaitement à' des principes populaires, principes qui, aux âmes faibles, avaietit d'abord fait craindre le débordemeftt de la rusticité, la raine des arts et la disparition des forces de la civilisation sou^ le souffle barbare d*un nouveau genre de fanatisme. D*un œil sûr et dans les vues les plus sages, vous avez, môme dans les temps calamiteux du gouvernement directorial, su distinguer dans la foule et protéger en Ilelvétie les hommes libéraux modérés, tour à tour contre leè énergumcnes révolutionnaires et contre Jes absurdes champions de la féodalité. »
C'est un peu emphatique, mais très-mérité quant aux formes aimables dont le citoyen Talleyrand parait la politique du premier consul envers la Suisse, politique qui imposait à la petite république la protection intéressée de la grande. Que de promesses dont le citoyen Talleyrand se rendait Tinterprète courtois et qui n*étaient jamais tenues ou dont Texécution tardive équivalait à une négation ! Il faut lire le très-intéressant volume que vient de publier à Zurich la maison Orell, Fussli et G**, intitulé: Bonaparte^ Talleyrand et Stapfer, On sourit quand le citoyen Talleyrand reproche aux bons Suisses de vouloir finasser avec le gouvernement français qui, dans ces transactions, déployait tantôt la ruse du renard et tantôt les exigences du lion de la fable. La république française aurait bien pu être plus généreuse avec une république qu'avec les rois ; mais déjà Bonaparte s'était joué de la république de Venise et il estimait la république helvétique fort heureuse de ne pas être donnée à TAutriche comme Tavait été la reine de l'Adriatique ; il se contenta de prendre provisoirement le Valais pour lui, en faisant toujours répéter par le citoyen ♦Talleyrand qu'il ne désirait que « le bonheur de l'Helvétie et sa parfaite indépendance. »
On tronvo ono.oro dan<? on volnmf» 1<» o*^n«pil dnn^ié pnr le
citoyen ministre Talleyrand au premier landamman et à Stapfer : « Ne répondez jamais vous-mêmes dans les journaux; cela ne convient pas; vous risquez qu'on vous réponde des sottises, et je vous assure que les gazettes nont aucune influence sur le gouvernement français, »