‹ Souvenirs intimes sur m. de TalleyrandChapitre 5 sur 48 · M. DE TALLETRAND EN NOURRICE · texte numérisé non relu

M. DE TALLETRAND EN NOURRICE

Soit que la claudication de* M. de Talleyrand fût le résultat d'un accident, soit qu'il naquît avec un pied-bot, sa mère ne pouvait s'habituer à la vue de cet enfant boiteux.

n 'était sevré depuis trois ou quatre ans, qu'on le laissait chez sa nourrice. A la suite d'un long voyage, le bailli de Périgord, qui servait dans la marine, curieux de faire connaissance avec son neveu, fut obligé d'aller au village où il était à peu près oublié. Il l'y trouva au milieu d'un champ couvert »de neige, qui faisait la chasse aux alouettes, avec 8on frère de lait, aussi déguenillés l'un que l'autre. Le marin indigné s'empara du petit Maurice, l'emmena avec lui sans lui faire faire aucune toilette, et l'introduisit ainsi au milieu du salon où madame sa mère recevait des visites de cérémonie: c Ma sœur, dit-il, voici le descendant en ligne directe des princes de Ghalais , qui a pour blason de gueules h trois lions d'or , lampassés, armés et cou^ roDûés, couronne de prince sur Vécu, et couronné ducale ^ur le manteau, avec la devise de Re que Diou, qui signifie : Rien que Dieu au-dessus de nous! Allons, mon-

seigneur mon neveu, embrassez cette belle dame... C'est votre mère. »

La scène aurait enchanté Jean-Jacques Rousseau, cpii préparait en ce moment la première édition de VÉmile où il traite de marâtres les mères qui confient leurs enfants à des femmes mercenaires (1).

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