‹ Souvenirs littérairesChapitre 14 sur 37 · L. DE RONCHAUD · texte numérisé non relu

L. DE RONCHAUD

Ier avril 1868.

Ces vers me serviront de transition pour passer à un autre et plus grand poète, Mme Ackermann, que j'ai vue et connue moins que iMme d'Agoult, mais assez cependant pour la faire figurer dans

cette galerie de femmes célèbres. Je lui fus présenté chez Mme Read. Je ne sais si elle avait lu mes poésies; en tout cas elle n'avait pas grande estime pour les poètes sentimentaux, comme elle les appelait, en parlant même de Lamartine et de Musset. J'avais donc de quoi me résigner. Elle ne me montra pas d'abord beaucoup de sympathie : elle était la franchise en personne, et elle mettait même une certaine rudesse dans l'expression de ses sentiments. Elle ne changea à mon égard que lorsque Sully Prudhomme lui eut récité un jour mes stances, l'Infini. Depuis cet instant, elle me regarda d'un autre œil, et je conquis sa sympathie tout à fait quand elle s'aperçut que je savais l'allemand mieux qu'elle : cette sympathie atteignit son plus haut point lorsque je lui fis hommage de mon Tenseroso; elle en fut très frappée, et si bien, que, quand elle publia à son tour sa petite brochure de Tensées d'une Solitaire*, elle me la donna avec une dédicace trop flatteuse à coup sûr : Un maigre épi pour une gerbe superbe, qu'elle voulut bien signer de sa plus belle écriture. Il y a là une double exagération en sens contraire; mais elle me prouva le chemin que, grâce à Sully Prudhomme et à mon Tenseroso, j'avais fait dans son estime.

J'allais la voir rue des Feuillantines; on rencontraitchezelle des excentriques de talent comme

* Publiée chez A. Lemerre, 1883.

Barbey d'Aurevilly, des savants comme le docteur Letourneau, et des femmes du plus grand mérite comme Mme Monnier, Mme Coignet et Mlle Read. Rien de plus simple que son accueil, si ce n'est son installation et sa personne. Ses yeux seuls, fort beaux, trahissaient son génie; on peut en juger par l'admirable portrait que possède Mlle Read. Rien dans sa conversation non plus ne révélait la femme qui savait tant de langues et avait exploré tous les systèmes philosophiques de l'Inde et de la Grèce. Elle n'aimait pas qu'on lui parlât de ses vers; elle semblait même repousser le titre de poète : c'est la seule affectation que je lui aie vue.

Sa vie avait été étrange. Je n'ai pas à la raconter, pusqu'elle a pris soin de le faire elle-même dans son autobiographie. Je n'ai pas davantage à apprécier le poète : M. Caro, qui l'a révélée au grand public, et tant d'autres après lui, ont montré l'admirable vigueur de ses vers, la fermeté de sa langue, l'éloquence fougueuse de ses invectives à un Dieu dont elle semblait nier l'existence. Quand je les lis, j'entends malgré moi ricaner au fond de ma mémoire le vers célèbre que Voltaire met si drôlement dans la bouche de Spinosa :

Mais je crois entre nous que vous n'existez pas.

Les dernières années de la vie de Mme Ackcrmann furent attristées par la maladie, et aussi par

des dissentiments de famille, et même par des obsessions qui l'enlevèrent à ses amis et lui rendirent le séjour de Paris impossible. Elle s'évada, pour ainsi dire, et s'en alla mourir dans ce beau pays du soleil, à Nice, où elle avait vécu de longues années, éprise de solitude, de recueillement et de poésie.

Je ne veux pas quitter cette excellente femme et ce beau génie sur ces dernières tristesses : j'aime mieux finir sur une note plue gaie et par le dernier souvenir qu'elle m'a laissé. Une de ses admiratrices les plus ferventes m'avait prié de l'introduire chez elle: je l'avais présentée rue des Feuillantines. Quoique portant un des plus beaux noms de la vieille France et vivant en plein faubourg Saint-Germain, le scepticisme n'avait pas d'adepte plus convaincu; en outre elle adorait la poésie. On voit combien de raisons elle avait, et moi aussi, de compter sur l'accueil bienveillant de l'auteur des Toésies philosophiques. L'accueil ne fut que convenable. A quelque temps de là je rencontrai Mme Ackermann chez Mme Read, et je lui fis quelques reproches enjoués sur la manière dont elle recevait les grandes dames et mes amies. Elle me répondit avec humeur qu'elle n'aimait pas ces grandes dames, ces curieuses blasonnées et blasées. Je plaidai pour mon amie, elle s'anima, s'emporta même, et allait dire quelque dureté

plus personnelle sur son admiratrice, quand je l'interrompis en la menaçant de lui fermer la bouche, ce Et comment cela? me dit-elle toujours bourrue et défiante. — En vous embrassant! » fut ma réponse. Et comme elle recommençait à dire du mal de mon amie, je n'hésitai pas, j'allai à elle et je l'embrassai sur les deux joues. Rien ne peut rendre la stupéfaction de la bonne vieille; sa figure prit une expression vraiment comique : elle riait et elle était fâchée à la fois. On eût dit qu'elle n'avait jamais été exposée à pareil traitement. En tout cas, je puis me vanter, je crois, d'avoir été le dernier homme qui ait embrassé ce grand confrère.

Si nous passions la frontière maintenant?

J'étais en mission à Berlin en 1847. J'avais une lettre pour M. de Humboldt signée de F. Arago, et H. Heine m'en avait donné une pour son vieil ami Varnhagen d'Ense; j'étais en outre accrédité par le ministère auprès de l'ambassadeur de France, et par M. Buloz auprès des correspondants de la %evue. Je fus donc tout de suite lancé en plein courant de la société berlinoise, — ou plutôt des éléments qui auraient pu la composer; car à cette époque, autant que j'ai pu le voir, il n'y avait pas de société proprement dite à Berlin. Il y avait bien des soirées officielles glaciales, des raouts diplomatiques guindés, mais rien qui ressemblât aux salons de Paris, à ces assemblées

d'hommes et de femmes distingués qui se réunissent uniquement pour le plaisir de se rencontrer, de se revoir, de causer, de vivre enfin quelques heures de cette vie charmante et artificielle qui s'appelle le monde. L'intelligence, l'esprit, la beauté, la science avaient assez de représentants dans cette capitale du Nord pour former de ces réunions choisies ; il me suffirait de citer des noms comme ceux de Humboldt, Tieck, Raumer, Grimm, Ranke, Mme d'Arnim, la duchesse de Sagan, la comtesse Rossi (Sontag), etc. Les éléments ne manquaient donc pas, on le voit; mais le goût, l'habitude et la tradition faisaient défaut. La seule exception, que j'ai pu constater à cette règle générale, était le salon de Mlle Solmar où Varnhagen m'avait présenté dès les premiers jours. Mlle Henriette Solmar était israélite, au moins de race, et sa figure le révélait au premier coup d'œil : une forêt de cheveux, noirs encore, malgré son âge, encadrait son visage pâle et allongé, sans vraie beauté, où cependant deux beaux yeux noirs souriaient et montraient tour à tour la bonté et l'esprit de cette aimable et excellente personne. Outre son intelligence extrêmement cultivée, elle était douée, paraît-il, d'un admirable contralto. Mais de tous les talents de sa jeunesse, elle n'avait conservé que l'art de causer, et de faire causer, ce qui est plus rare qu'on ne croit, — même à Paris.

Elle avait été l'amie de la célèbre Rahel, la femme de Varnhagen, et depuis son veuvage Varnhagen avait pris l'habitude de venir prendre le thé chez elle tous les soirs. La légende prétendait même qu'il avait voulu l'épouser, et que la spirituelle Juive l'avait refusé et lui avait redit en riant la fameuse phrase : « Mais où donc passerez-vous vos soirées?» Quoi qu'il en soit, Mlle Solmar, qui habitait un appartement à l'étage supérieur de la See-Handlung, dont un de ses parents était le directeur, avait su réunir autour d'elle tous les soirs un choix d'hommes distingués que bien des salons lui eussent enviés. On s'y asseyait sous la lampe autour de la théière, ou bien on faisait un aparté, on parlait ou on se taisait, liberté entière. Le français se mêlait à l'allemand, — Mlle Solmar parlait toutes les langues de l'Europe. — On dessinait même; il y avait un album où M. de Sternberg avait fait le portrait des visiteurs ou des habitués, où les poètes déposaient leurs vers, et tout le monde sa prose. Outre les étrangers de passage à Berlin, on y rencontrait d'abord et toujours Varnhagen, comme je l'ai dit; OElsner-Monmerqué, moitié Prussien, moitié Français, et surtour Parisien; Alfred de Reumont, l'historien, quand il n'était pas dans sa chère Italie; le baron de Sternberg, le romancier, homme bizarre et grincheux, qui restait des soirées entières dans un coin sans rien dire, sous prétexte de dessiner;

QUATUOR FÉMININ 2Çf

d'autres encore dont je n'ai pas gardé la mémoire ; enfin, deux femmes : l'une, Mlle Ludmilla Assing, la nièce de Varnhagen, qui accompagnait quelquefois son oncle; l'autre, Fanny Lewald, qui rêvait d'être la George Sand de l'Allemagne, suivie de son fidèle Stahr. Mais tout ceci m'éloigne de mon sujet : Mme d'Arnim, la célèbre Bettina, l'enfant, la correspondante de Goethe et de Beethoven; j'y arrive enfin.

J'avais parlé plusieurs fois à Varnhagen de mon désir d'être présenté à cette femme célèbre. Il avait éludé avec l'adresse diplomatique qui distinguait cet homme si aimable, cet écrivain hors ligne, dont j'aimerais à parler plus longuement. Comme je touchais à la fin de mon séjour à Berlin et que je revenais un jour sur le regret que j'avais à partir sans avoir vu Bettina, il me dit en riant : « Je vous aurais depuis longtemps donné un mot pour elle, mais elle est si particulière, si étrange, qu'elle est capable de vous mal recevoir à cause de moi, car je ne sais trop en quels termes nous sommes en ce moment. Je ne voudrais pas vous attirer le désagrément d'un mauvais accueil. Savez-vous? A votre place, je me présenterais tout bonnement moi-même, comme un voyageur, un Français, qui ne veut pas traverser Berlin sans avoir l'honneur de la voir. Tentez l'aventure, je suis sûr qu'elle vous réussira. » Et elle me réussit en effet.

Le lendemain donc, car je n'avais pas de temps à perdre, — je partais dans deux jours, — je sonnais unter den Zelten, chez Mme d'Arnim. J'attendis quelques instants; la porte s'ouvrit enfin, — ou plutôt s'entr'ouvrit, — une petite vieille aux cheveux ébouriffés était devant moi, me dévisageant avec des yeux bruns interrogateurs et inquiets et me demandant brusquement : « Que désirez-vous? » Sa toilette était des plus simples et assez négligée. Par bonheur, un détail significatif me sauva de l'horrible méprise où je pouvais tomber : la petite personne si modestement habillée, qui entre-bâillait ainsi la porte, avait une plume passée au travers de sa bouche. Quoique je n'eusse jamais vu de portrait de Bettina, je ne pouvais pas méconnaître ce signe caractéristique.

Je m'inclinai et je dis en mon meilleur français : « Madame, je suis un jeune Français qui ne veut pas traverser Berlin sans avoir l'honneur, etc. » La petite femme me regarda encore attentivement, puis me dit simplement: ce Entrez! je suis la Bettina. » Et la porte s'ouvrit toute grande, et je suivis mon guide jusqu'à un cabinet de travail. Là on m'offrit une chaise, on m'interrogea sur moi, sur H. Heine, sur Paris, sur la France, sur Goethe; bref, répondant ou écoutant, je restai trois heures à causer avec cette femme étrange, — une vraie fée, il n'y a pas d'autre mot pour la peindre.

Je m'étais excusé naturellement de l'avoir ainsi dérangée dans son travail : « Ce n'est pas un travail, m'avait-elle répondu, c'est une lettre, et savez-vous à qui j'écrivais? au roi. Voici ce que je lui dis; » et elle se mit à me lire la lettre qui était à la fois drôle, spirituelle, éloquente et même parfois d'une familiarité charmante, en tout cas bien faite pour égayer l'ennui d'une Majesté, et plaire au roi de Prusse d'alors, lequel aimait autant l'esprit que le vin de Champagne. Cette lettre avait pour but de déterminer le roi à acheter le château du baron de Meusebach qui était mal dans ses affaires. Elle décrivait le castel, les ruines, la campagne, voltigeait là comme une elfe, avec une grâce légère, racontait les services rendus par les ancêtres; puis, pour mieux flatter le roi dans ses goûts d'homme d'esprit et de savant, elle peignait la bibliothèque du château avec mille digressions pleines de fantaisie et d'humour. Je ne sais si elle réussit avec sa pétition poétique et si Frédéric- Guillaume acheta le manoir. Cette lettre figure sans doute dans le livre qu'elle a fait paraître plus tard sous le titre étrange : Ce livre appartient au roi. Je n'ai pas le loisir de m'en assurer, et peu importe d'ailleurs.

11 y a un lied allemand qui dit : « Et si beau que soit le soleil, il faut à la fin qu'il se couche. » Si douce, si agréable que soit une causerie, il faut qu'elle se termine. Je m'étais levé plus d'une fois

et toujours j'avais été retenu par une insistance aussi impérative qu'aimable. Je pris enfin congé en m'excusant de mon départ fixé au lendemain. « Attendez, me dit-elle, je veux que vous emportiez un souvenir de moi. » Elle disparut et revint avec une demi-douzaine de volumes sous le bras : c'étaient de ses livres à elle, de ses ouvrages; elle en prit un et se mit à écrire quelques mots sur la première page. Je la remerciai de mon mieux, en baisant la petite main qui venait d'écrire ces lignes à mon intention, et je partis. Mon premier soin en descendant fut de les lire sous les arbres du Thiergarten. Je ne pus m'empêcher de rire; les quelques mots écrits lui ressemblaient bien; elle avait mis en allemand : « A un ami pas encore assez connu, donné par moi, la Bettina. » Ce nichi genug gekannten Freund pouvait aussi bien exprimer un regret qu'une défiance ; la coquetterie de la femme s'en accommodait aussi bien que la prudence de l'écrivain envers un étranger, un inconnu.

Je croyais bien ne la jamais revoir, et j'avais éprouvé, en sortant des Zelten, cette émotion si fréquente, hélas ! dans la vie, quand on quitte une personne ou un lieu, en se disant tristement : « Je ne les reverrai plus jamais! » Il n'en devait pas être ainsi avec Mme d'Arnim. Je comptais sans les révolutions : celle de 1848 me ramena à Berlin comme secrétaire d'ambassade. Je retournai donc

aux Zelren et j'y présentai mon ministre E. Arago, actuellement ambassadeur en Suisse, pour lequel elle s'éprit tout de suite de la plus tendre amitié et qui devint un de ses visiteurs les plus fidèles et les plus appréciés. Ce Berlin de 1848 offrait le spectacle le plus curieux pour un observateur. Il avait eu aussi sa révolution, et le roi avait dû saluer de sa casquette militaire les cadavres des émeutiers tués par ses soldats. Tout fermentait de bas en haut. Les officiers de la garde parlaient déjà de marcher sur Paris; M. de Bismarck pointait; l'empire allemand s'ébauchait à l'assemblée de Francfort; on en offrait la couronne au roi de Prusse qui la refusait. Il y avait donc de quoi causer dans les salons des Zelren; il avait même fallu faire deux salons, l'un républicain, bravement présidé par Bettina; l'autre monarchique, tenu par ses trois charmantes filles. La plus originale était la dernière, Ghisèle, qui est devenue Mme H. Grimm. J'ai essayé de les dépeindre dans un sonnet que je prends ia liberté d'insérer ici, il rendra mieux que ma prose les caractères de ces trois sœurs si différentes de nature et de charme :

A MADEMOISELLE MAX tD'*A%cïlIM

Armgart ne nous veut pas avouer qu'elle est reine; Tout la trahit : le port, le regard et la voix. La nature, en naissant, l'a faite souveraine ; Tout se métamorphose en sceptre sous ses doigts.

Ghisèle est une fleur de la forêt lointaine Qui grandit étonnée à l'ombre de nos toits, Dieu seul l'a regardée et sa corolle est pleine Du parfum pénétrant qu'exhalent les grands bois.

Mais vous, vous êtes douce et souriante et bonne. Vous prenez par la main celui qu'on abandonne ; Vous volez aux souffrants comme l'abeille aux fleurs.

Vous êtes un bon ange, un tendre et pur génie Qui console et guérit et dont la main bénie Verse aux blessés le miel et l'oubli des douleurs.

Ce qui m'intéressait plus que la politique dans le salon de Mme d'Arnim, c'était la littérature et surtout sa littérature à elle. Je la mis plusieurs fois sur le chapitre de sa fameuse correspondance avec Goethe; elle éludait d'ordinaire mes questions avec l'agilité de son esprit et la grâce fuyante d'une fée. Un beau jour cependant que je la pressais un peu plus que de coutume sur l'authenticité et la sincérité absolue de ces lettres, elle finit par me dire : « Eh bien, oui, c'est ce que j'aurais voulu et aimé lui écrire! » Je n'en demandais pas davantage. Cet aveu confirmait mon impression première et résout la question.

Pauvre petite fée de Bettina, si frêle, si vive! Elle avait conservé dans sa vieillesse les allures et l'attitude de l'adolescence; elle était restée jeune; c'était toujours V enfant, das Kind, comme on l'appelait en Allemagne. Un jour que nous causions de la mort, elle me dit : « Moi, je ne mourrai

pas, je m'envolerai! » Elle s'est envolée, en effet, comme Mme Tastu, Mme d'Agoult et Mme Ackermann. Toutes les trois, l'une avec sa foi, l'autre avec ses doutes, celle-ci avec sa croyance au néant, celle-là avec ses ailes légères, ont disparu derrière le rideau qui nous cache les mondes supérieurs, où nous nous retrouverons tous, il faut l'espérer.

ÊTILOGUE

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^Tâgf N relisant les chapitres qui précèdent, rgÇ^ un scrupule me prend et une crainte s^S aussi. N'aurai-je pas fatigué le lecteur ? Ne l'aurai-je pas inquiété, dérouté par le nombre et l'étendue de ces Souvenirs? Tant d'amitiés, d'admirations si diverses, n'est-ce pas assez, trop même? Pour moi ce n'est ni trop, ni assez; à quoi bon avoir tant vécu, si je n'ai pas connu les meilleurs de mon temps? A quoi bon tenir une plume, si ce n'est pour les faire revivre, et montrer ce qu'il peut y avoir de gemmes et d'or dans le torrent troublé des générations? Et encore me suis-je fait une loi de ne parler que des morts! — Non, je n'ai pas tout dit. Que de choses intéressantes,

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