‹ Souvenirs littérairesChapitre 14 sur 17 · SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

SAINTE-BEUVE

Je l'ai bien connue et souvent fréquentée cette rue du Montparnasse, calme, courte, étroite, légèrement escarpée, et j'y revois la maison qui fut celle de Sainte-Beuve. Elle est encore aujourd'hui telle qu'autrefois ; modeste et d'allure bourgeoise, avec sa façade plate, insignifiante, percée de quatre fenêtres, s' ouvrant d'une porte bâtarde, peinte en jaune, en ce petit coin provincial perdu dans le grand Paris. Je l'ai vue pour la derrière fois, quand la foule lettrée, au grand ébahissement des voisins curieux, assemblés sur leurs portes, se précipita, pour conduire, « civilement », à sa dernière demeure celui qui venait de mourir, en plein talent, en pleine renommée, en toute conscience de lui-même, et dans l'activité de la vie.

Au rez-de-chaussée, après avoir traversé le vestibule, on pénétrait dans le salon — le

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