‹ Souvenirs littérairesChapitre 7 sur 27 · Voyez la Revue des Deux Mondes du i*' janvier · texte numérisé non relu

Voyez la Revue des Deux Mondes du i*' janvier

Hongrie et renoncerait à toute conspiration. Contraint d'accepter cette grâce qu'il n'avait point sollicitée, forclos du labeur de sa vie entière, qui était la revendication des droits écrits de la Hongrie, Ladislas Téléki, calomnié par les siens, humilié par ses adversaires, demanda à la mort la fm des souffrances morales qu'il ne pouvait plus supporter. Il se tua d'un coup de pistolet au cœur; autour de son cadavre, on retrouva dix-sept capsules brûlées qui prouvent qu'il avait fait une longue répétition (Je son propre drame, afin de n'en point manquer le dénouement. C'était un diplomate auquel les traditions n'avaient point fait défaut, et c'était l'homme le plus remarquable de ce triumvirat improvisé qui, pendant la guerre de 1859, tournait autour du quartier général français et rassemblait à Acqui les déserteurs hongrois de l'armée autrichienne. Sa mort fut un deuil pour ceux qui l'avaient connu et une perte grave pour son pays. Si l'empereur François-Joseph avait écouté les nobles paroles de Saint- René Taillandier, l'Austro-Hongrie compterait aujourd'hui un honnne éminent de plus parmi ses hommes d'État.

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