II
tait sûr le matin de coucher le soir dans son lit. Pour mon compte, je puis dire avoir éprouvé, sous le règne de Paul, la plus effroyable peur que j'aie ressentie de mes jours. J'étais allée à Pergola ^, où je voulais passer la journée ; j'avais avec moi M. de Rivière, mon cocher, et Pierre, mon bon domestique russe. Tandis que M. de Rivière se promenait, avec son fusil, poar tuer des oiseaux ou des lapins, auxquels par parenthèse il ne faisfait jamais grand mal, je restais sur les bords du lac, quand, tout à coup, je vis le feu que l'on avait allumé pour faire cuire notre dîner, se commoniquer aux sapins, et se propager avec une grande rapidité. Les sapins se touchaient. Pergola n'est pas loin de Saint-Pélersbourg !.... Je me mis à pousser des cris horribles, en appelant M. de Rivière, et, la frayeur aidant, tous quatre réunis, nous parvînmes à étouffer l'incendie, non sans nous brûler cruellement les mains ; mais nous pensions à l'empereur, à la Sibérie^ et Ton peut juger que cette peur nous donnait du courage I
Je ne saurais m'expliquer la terreur que m'inspirait Paul, qu'en me rappelant combien cette terreur était générale ; car je dois avouer qu'il ne s'est jamais montré pour moi que bienveillant et poli. Lorsque je le vis pour la première fois à Saint-Pétersbourg, il ^
souvint de la manière la plus aimable que je lui avais été présentée à Paris, lorsqu'il y vint sous le nom de
< Pergola, dont J*ai dOjà parlé, appartenait à madame SouwalolT, femme de l'autear de VÉpllre à Ninon. Sa fille a épousé le comw Oiedesteiu, Aatricbien, et frère de la belle madame Kinska.
{Note de l'auteur.)