CHAPITRE XXn
grahd-duc Michel. Je n'ai jamais va un plus bel enfant que le grand-duc Nicolas, Tempercur actuel. Je pourrais encore, je crois, le peindre de mémoire aujourd'hui, tant j'admirai ce charmant visage qui avait tous les caractères de la beauté grecque.
Je conserve de même le souvenir d'un type de beauté, dans un tout autre genre, puisqu'il s'agit d'un vieillard. Quoique l'empereur soit en Russie le chef suprême de la religion aussi bien que celui de l'administration et de l'armée, le pouvoir religieux est exercé sous lui par le premier pope, que l'on appelle fe gmnd archimandrite, et qui est à peu près pour les Russes ce que le Pape est pour nous. Depuis que j'habitais Saint-Pétersbourg, j'avais souvent entendu parler du mérite et des vertus de celui qui remplissait alors cette fonction, et un jour, plusieurs personnes de ma connaissance, qui allaient le voir, m'ayant proposé de me mener avec elles, j'acceptai leur offre avec empressement. De ma vie je ne me suis trouvée en présence d'un homme dont l'aspect m'ait autant imposé. Sa taille était grande et majestueuse; son beau visage, dont tous les traits avaient une régularité parfaite, offrait h la fois uiie expression de douceur et de dignité .qu'x)n ne saurait peindre, et une longue barbe blanche, qui tombait plus bas que la poitrine, ajoutait encore au caractère vénérable de cette su^ perbe tête. Son costume était simple et noble. Il portait une longue robe blanche, coupée du haut en bas sur le devant par une large bande d'étoffe noire, qui faisait ressortir admirablement la blancheur de sa barbe, et sa démarche, ses gestes, son regard, enfin