‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 139 sur 293 · II · texte numérisé non relu

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38 SOUYENIHS ÛË MADAME ViGËË LE BRUN.

tout en lui imprimait le respect dès le premier abord.

Le grand archimandrite était un homme supérieur. 11 avait beaucoup d'esprit, une prodigieuse instruction; il parlait plusieurs langues, et, en outre, ses vertus et sa bonté le faisaient chérir de tous ceux qui l'approchaient. La gravité de son rang ne l'avait jamais empêché de se montrer aimable et gracieux avec le grand monde. Un jour, une des princesses Galitzin, qui était fort belle, l'ayant aperçu dans un jardin, courut se jeter à genoux devant lui. Le vieillard aussitôt cueillit une rose avec laquelle il lui donna sa bénédiction. Un de mes regrets, en quittant Saint-Pétersbourg, fut celui de n'avoir point fait le portrait de Tarchimandritc ; car je ne crois pas qu'un peintre puisse rencontrer un plus beau modèle.

A l'époque dont je viens de parler, je vis célébrer à PéterhofT la fôte de l'impératrice Marie, avec une grande magnificence. Il est vrai de dire que le lieuy prêtait beaucoup. Ce parc immense, ces belles eaux, ces superbes allées, dont une, entre autres, bordée d'arbres énormes, encadre la mer couverte de vaisseaux; toutes ces grandes beautés naturelles dont l'art a si admirablement bien tiré parti, font de PéterholT un séjour qui lient de la féerie. Il faisait le plus beau temps du monde, et lorsque j'arrivai vers midi, je trouvai le parc rempli d'une foule immense. Les hommes et les femmes étaient costumés comme pour un bal de carnaval ; mais personne n'avait de masque, à l'exception de l'empereur, qui était en domino rose. La cour se distinguait par la richesse et la diversité de ses costumes. Chacun ayant lutté de magnificence aussi bien

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