CHAPITRE XXIII
une preuve des outrages auxquels, pour mon naalheur, j'avais été trop sensible. J'ai toujours conservé celle lettre, et je la donne ici,
m II n'y a point de fautes que le repentir n'efface I et il n'y a pas de coupable qui ne puisse fléchir votre indulgence i voilà ce qui me ramène à vous. Oui, Madame, je l'avoue, emporté par ma vivacité, je vous ai accusée de mille torts, j'ai osé même vous les reprocher avec assez d'amertume ; mais votre conduite actuelle si digne d'admiration, votre tendresse pour Brunette si Jaite pour servir d'exemple & toutes les mères, me font rougir moi-même sur les soupçons honteux que j'ai osé former contre vous. Je m'avoue coupable à vos yeux ! je réclame votre pardon, j'ose espérer que vous ne me refuserez pas de venir me l'af- Qrmer un de ces soirs chez moi ; ma femme attend ce moment avec bien de l'impatience. Continuez, Madame, à faire le bonheur de votre aimable enfant et de mon Ami Nigris, tous deux en sont dignes^ tous deux vous le payeront au centuple, et s'ils étaient jamais assez ingrats pour oublier ce qu'ils vous doivent, l'estime et le respect du public, pour ce que vous faites pour eux, vous en vengeront suffisamment. Oubliez mes torts, de grâce, et venez vite m'en donner l'assurance. Amenez avec vous M. de Rivière, je lui dois également une réparation, etj 'aime à payer mes dettes. Jevousattends avec autant d'impatience de réparer mes torts, que de désir de vous convaincre de toute mon estime.