II. s
sont belles, car en général le peuple de la LÎTonie est superbe; presque toutes les têtes de vieillards me rappelaient les têtes de Christ de Raphaël, et les jeunes gens, dont les cheveux plats tombent sur les épaules, semblent avoir servi de modèle à ce grand maître.
Le lendemain de mon arrivée, j'allai voir, à quelque distance de la ville, une magnifique cataracte. Une énorme quantité d'eau, dont on n'aperçoit pas^ la source, forme un torrent si fort et si rapide, qu'il s'élève dans son cours sur des rochers énormes, dont il se précipite avec fracas pour surmonter d'autres rochers ; celte multitude de cascades qui se succèdent, s'élancent et s'engloutissent avec fureur» produit un bruit épouvantable.
Comme j'étais occupée à retracer cette belle horreur, plusieurs habitants de Narva qui me regardaient des* siner me racontèrent un événement affreux dont il^ avaient été témoins. Les eaux de ces cataractes, élanl augmentées par de grandes pluies, avaient entraîné,
avec une partie des terrains qui les bordent, une maison où logeait une famille entière. On entendait les cris de détresse de ces malheureux, on voyait leur affreux désespoir sans pouvoir leur porter aucun secours, puisqu'il était impossible aux bateaux de ic^' verser le torrent. Enfin ce spectacle affreux et déchirant fut suivi bientôt d'un spectacle plus horriblBi • lorsque la maison et la malheureuse famille, entraînés dans le gouffre, disparurent aux yeux de ceux qui ^^ parlaient de ce désastre et qui en étaient encore tout émus.
J'arrivai à Riga; cette ville, comme Narva, n*^*^'''