CHAPITRE XXVII
Je quitte Berlin. — Dresde. — Lettre à mon frère. — Francfort. — La famille Divoff. — Je rentre en France.
Je pensai perdre^ en quittant Berlin, tout ce que je possédais, et voici comment. J'avais commandé mes chevaux pour cinq heures du matin. Mon domestique Traisemblablement élait allé faire ses adieux à queN ques gens de sa connaissance, il n'arrivait pas, et Ton sait qu'en Prusse les chevaux n'attendent jamais. Je m'étais levée encore tout engourdie par le sommeil, et le garçon de l'auberge, ne voyant point mon domestique, s'était emparé de mon nécessaire pour le descendre ainsi que tous mes autres effets. Ce nécessaire, qui renfermait mes diamants, mon or, toute ma fortune en* fin, était toujours placé sous mes pieds quand je voyageais. Par le plus grand des bonheurs, dès que je fus dans la voiture, je m'aperçus, quoique à moitié endormie, que mes pieds n'étaient pas soutenus comme d'ordinaire. Les chevaux partaient ; je criai que l'on arrêtât, et je demandai mon nécessaire au garçon, ayant grand soin de parler assez haut pour réveiller la maltresse de la maison. Ceci me réussit, car, après quelques réponses évasives de cet homme, le nécessaire fut rapporté; On venait de le trouver dans une écurie au fotid de la cour, tout recouvert de foin. Cet accident avait donné le tetnpsà mon domestique d'ar-