‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 191 sur 293 · II · texte numérisé non relu

II

Le lendemain, nous allâmes à la messe funèbre qui fut célébrée pour cette noble victime. Tous les Français, nos princes compris, et un grand nombre de dames anglaises, y assistèrent. L'abbé de Bouvant prononça un sermon extrêmement touchant sur le sort de rinforluné duc d'Engbien. Ce sermon finissait par une invocation au Tout-Puissant pour qu'une semblable destinée n'attendit pas nos chers princes. Hélas ! ce vœu n'a point élé exaucé, puisque nous avons tu le duc de Berri tomber sous le poignard d'un infâme assassin.

Je fus quelque temps après la mort du duc d*Enghien sans revoir son malheureux père^ le duc de Bourbon, et quand, au bout d*un mois environ, il vint chez moi, le chagrin l'avait tellement changé qu'il me fit un mal affreux. Il entra sans me parler, s'assit, et, mettant ses deux mains sur son visage, qui était inondé de larmes: a Non, je ne m'en consolerai jamais ! » me dit-il. 11 m'est impossible de rendre la peine que ce peu de mots me lit éprouver.

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