‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 216 sur 293 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

mon atelier, cl quoique ce tableau fût peut-être celui de mes ouvrages auquel je tenais le plus, je m'empressai de le satisfaire. Plusieurs années après, je fls le portrait de madame 1a duchesse de Berri, qui me donnait ses séances aux Tuileries, avec une exactitude bien aimable, outre qu'il est impossible de se montrer plus gracieuse qu'elle ne Tétait avec moi. Je n'oublierai jamais qu'un jour, pendant que je la peignais, elle me dit: <» Attendez-moi un instant, w Et, se levant, elle alla dans sa bibliothèque chercher un livre où se trouvait un article à ma louange, qu'elle eut la bonté de me lire d'un bout à l'autre.

Pendant une de nos séances, M. le duc de Bordeaux vint apporter à sa mère son cahier d'étude sur lequel le maître avait écrit : très-content. La duchesse lui donna deux louis. Alors le jeune prince, qui pouvait avoir six ans, se mit à sauter de joie, en s'écriant : « Voilà pour mes pauvres ! et d'abord à ma vieille. » Quand il fut sorti, madame la duchesse de Berri me dit qu'ils'agissait d'une pauvre femme que son fils rencontr«iit souvent surson chemin, et qu'il affectionnait particulièrement. Il était doux de voir cet enfant ressembler par sa bonté à une mère dont le cœur était toujours ouvert aux plaintes des malheureux.

Lorsque la duchesse me donnait séance, j'étais fort impatientée du grand nombre de personnes qui venaient faire des visites. Elle s'en aperçut, et fut assez bonne pour me dire : « Pourquoi ne m'avez-vous pas demandé d'aller poser chez vous? w Ce qu'elle fit pour

(le la duchesse de Berri. parce que, faisant partie de l'héritage du duc. elle appartenait à son fils. {Note de Vauleur.)

les deux dernières séances. J'avoue que je ne pus me trouver l'objet d'une aussi douce bienveillance, sans comparer les heures que je consacrai à cette aimable princesse aux tristes heures que m'avait fait passer madame Murât.

J'ai fait deux portraits de madame la duchesse de Berri. Dans l'un, elle est habillée d'une robe de velours rouge, et, dans l'autre, d'une robe de velours bleu. J'ignore ce que sont devenus ces portraits.

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