‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 225 sur 293 · LE COMTE D'ALBARET · texte numérisé non relu

LE COMTE D'ALBARET

Le comte d'Albaret était un amateur forcené de musique; non-seulement il s'empressait d'aller à tous les concerts,mais, quoique sa fortune ne fût pas très-considérabie, il avait une musique à lui, comme en ont les souverains. Il logeait et nourrissait dans sa maison huit ou dix musiciens auxquels il payait des appointements, leur permettant en outre de prendre des écoliers dehors aux heures qu'il leur laissait libres. Ces artistes, comme on doit l'imaginer, étaient tous du second ordre. La chanteuse, par exemple, qui ne chantait que des airs italiens, avait une assez belle voix, mais ne pouvait passer pour une prima donna, etje mesouviens qu'il m'avait donné pour maître de chant un homme dont le savoir était médiocre. Il en était de même de ses instrumentistes^ pris isolément, sans en excepter son premier violon; et, cependant^ tous ces gens-là avaient une telle habitude de jouer ensemble, et faisaient un si grand nombre de répétitions, qu'on n'entendait nulle part de la musique aussi bien exécutée

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pue chez le comte d'Albaret. Aussi tous les amateurs se rendaient- ils avec empressement à ses concerts, qui avaient lieu le dimanche matin. J'y suis allée plusieurs fois, et j'en suis toujours sortie charmée.

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