‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 231 sur 293 · M. DE BUFFON · texte numérisé non relu

M. DE BUFFON

souvenir de moi ; que Ton y buvait à ma sanlé, ainsi qu'à celle de M. de Yaudreuil, qui avait émigré alors. Pour son malheur, M. Boutin pensa comme M. deLaborde, qui me disait dans une lettre que je reçus de lui à Rome : « Je reste en France; je suis tranquille.

Comme je n'ai jamais fait de mal à personne ! »

Hélas I lui aussi, ce bon et aimable M. Boulin n'avait jamais fait de mal à personne : tous deux n'en sont pas moins tombés sous la hache révolutionnaire ; car tous deux étaient riches, et l'on voulait leurs biens. Je ne puis exprimer la douleur que me ût éprouver cette nouvelle ; M. Boutin était un de ces hommes que je regrelterai toute ma vie.

Le gouvernement s'empara de tout ce qu'il possédait. Son beau parc fut totalement détruit, à l'exception d'une petite partie dont on fit une promenade à la mode sous le nom de Tivoli, et dans laquelle se donnent, dit-on, de fort belles fêtes queje n'ai jamais vues ; car on pense bien qu'à mon retour en France, je n'ai pas eu le courage de retourner dans ce triste lieu.

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