‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 253 sur 293 · X. — AU. DBSOHHAHITA · texte numérisé non relu

X. — AU. DBSOHHAHITA

Je touche aux bornée de ma vie.

Tout avec embelli les derniert de mes jours ; Qu'un M cher souvenir se conserve toujours ;

Vivez heure ui pour votre amie.

Si quelque sentiment occupe encor votre Ame, Ne TOUS refuses pas un bien si précieux ;

Seulement, en goûtaut ce charme, Dites-vous quelquefois : ■ Elle m'aimait bien mieui . i

Ëlisabeth-Sophie-Françoîse de la Live de Bellegarde fut mariée, le iO février 1748, à Claude-Constance-César vicomte d^Houdetot, alors capitaine-lieutenant de la gendarmerie, plus tard lieutenant général des armées du roi, créé comte par lettres patentes de 1753. Deux enfants naquirent de ce mariage : un fils, César-Louis-François-Marie-Ange, qui vint au monde le 12 juillet 1749, et une fille, Charlotte- Françoise, née le 15 mars 1753.

Le fils épousa en premier mariage Louise Périnel de Faugues, et en eut, le 16 mal 1778, un fils, Frédéric-Christophe comte d'Houdetot, qui fut baron de TEmpire S dé-

1 Ou s'étonnerait que le descendant de l'une des premières famillee françaises dont les aïeux se retrouvent parmi les chefs normands qni s'établirent en 5eustrif , et dont l'un d*eui« le chevalier d'Houdetot, aceompagnait Bo* bert le Diable dans son pèlerinage è Jérusalem, ce mènie chevalier qu'on retrouve, dans Thistoire, à la bataille d'HaslIngs cù il rorlait l'étendard ducal;

puUS pair de France, membre de rinstitut, commandear de la Légion d'honneur, et qui est mort, il y a quelques années, sans laisser d'enfants de soti premier mariage ayec Madeleine Masseron.

Césard'Houdetot, devenu veuP, se remaria à Vile de France, le 9f(^vrier 1784, avec Constance-Joséphine de Géré, qui était née le lOjuilletnôOetmourutàParisle 23 juin 1842.

De ce second mariage du flls de madame d'Houdetot naquirent treize enfants : sept filles et six fils. Deux filles moururent en bas âge, les cinq autres sont devenues en se manant : baronne de Bnzancourt, comtesse Germain de Monforlon, baronne de Barante, baronne Fleming, comtesse d'Ami lly. Deux des six fils moururent en bas âge ; deux au 1res, officiers dans Tarmée, périrent à Tâge de dix-neuf et vingt ans, l'un à la bataille de Margalef devant L(^rida, l'autre à la bataille de Leipzig; un autre fils de César fut le glanerai comte d'Houdctot, qui a été député du Calvados, aide de camp du roi Louis-Pbilippe, et est décédé, il y a quatre ans, sans laisser d'héritier de son nom.

Le dernier des petit-fils de madame d'Houdetot a été le comte Adolphe (César- François) , qui vient de mourir (30 juillet 1869) en laissant les plus douloureux regrets dans le cœur de tous ceux qui l'ont'connu.

Il était né le 15 août 1709 et, comme tousses frères, avait embrasstî la carrière militaire. A seize ans, il était souslieutenant dans les grenadiers à cheval de la garde royale, puis lieutenaul; il fit en 1823 la campagne d'Espagne où il gagna la croix militaire de Saint-Ferdinand. Nommé peu après officier aux gardes h pied du corps du roi, il rejoignit Charles X à Rambouillet, et donna sa démission le

OD s'étonnerait, disoni-noai, que le dcscendaDt d*ane famille aussi illustre, qui complaît huit lièeles de haute noblesse et atait rendu de grands lerricet à la pairie, devint baron de rEmpire, si Ton ne satait que Napoléon 1*', qui n*avait pas rétabli Tancienne noblesse eo créant la nouTclle, prétendait rabaorber dans celle-ci, afin de rapporter Torigine de toutes les iilustratioiu de (a France à lui seul. Voir à ee sujet le tome IV de V Histoire de Xapoléon /«. par U. Lanfrey, ouvrage de la plus haute valeur historique et de It plus grande beauté littéraire. (Cn.)

19 «oui 1830. Il était alors chevalier de Saint-Louis et de la Légion d^honneur.

En 1836, il épousa mademoiselle Louise-Isoline-Sidonie de la Roque de Mons, Jeune personne qui réunissait à tous Ira agréments physiques, l'intelligeuce la plus solide et la plus gracieuse, et possédait à un haut degré les talents les plus agréables.

Nommé en 1842 receveur des finances au Havre, le comte Adolphe se fixa dans celte ville, qu'il ne voulut jamais quitter, malgré ravancemeal dans sa carrière qu'on lui ofi'rit à plusieurs reprises. En 1842, il accepta d'être lieutenant-colonel de la garde nationale, après ovoir refusé d'en être le colonel. Cette position et la popularité dont il jouissait au Havre lui permirent de rendre, en 1848, des services importants à la ville et aussi au malheureux roi qui fuyait scn pays, après avoir quitté son (rOne, pour ne pas répandre le sang des Français. Ce fut le comte d'Houdetot qui organisa les détails de sa fuite et lui fournit l'argent dont il avait besoin, car Louis-Philippe, qu'on a tant accusé d'avarice et d'égoîsme durant son règne, et qui était au contraire d'une générosité rare (celui qui écrit ces lignes en sait quelque chose), qui avait fait, disait-on, des placements considérables de fonds à l'étranger, mais qui n'y possédait pas un centime, n'avait pas sur lui, en partant pour l'exil, la faible somme nécessaire pour acquitter son passage en Angleterre. Immédiatement après ce service au roi, le comte d'Houdetot, par un scrupule qui montre bien la délicatesse de ses sentiments, envoya ea démission de receveur des finances au Havre, quoique les émoluments de cette place composassent presque toute sa fortune et qu'il eût deux enfants à établir ; mais le gouvernement provisoire refusa d'accepter cette démission. Ce fut seulement en 1865, et arrivé à l'Age de la retruile, que le comte Adolphe quitta son emploi.

Un grand malheur lui. était arrivé peu d'années avant ; il avait perdu la compagne desa vie,la femme qu'il aval l toujours adorée et qui était bien digne de l'amour d'un tel homme.

Page 1