‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 269 sur 293 · LE COMTE DE RIVAROL · texte numérisé non relu

LE COMTE DE RIVAROL

Mon frëre me présenta un matin le comte de Rivaroi S que son esprit faisait extrêmement rechercher dans les plus brillantes sociétés de Paris, même avant qu'il eût rien écrit. Gomme je ne Tatlendais point, j'étais dans mon atelier, et je mettais ce que nous appelons l'harmonie à plusieurs tableaux que je venais de terminer. On sait que ce dernier travail ne permet aucune distraction, en sorte qu'en dépit du désir que j'avais toujours eu d'entendre causer M. de Rivarol, je jouis fort peu du charme de sa conversation, tant j'étais préoccupée : il parlait en outre avec une telle volubilité que j'en étais comme étourdie. Je remarquai cependant qu'il avait une belle figure et une taille extrêmement élégante; il n'en dut pas moins me trouver si maussade que je ne l'ai plus revu chez moi. Il se peut à la vérité qu'un autre motif Tait empêché d'y revenir. Il passait sa vie avec le marquis de Ghampcenetz, qui s'est toujours montré fort méchant pour moi. Le marquis de Ghampcenetz, sans avoir ni tout le talent ni la force de tête de l'auteur du discours sur fUniver-

< Antoine Ri?&rol est né à Bagnols (Gard), le 26 Jain 17S3, et mort à Berlin le 13 avril 1801. Il se fit appeler, pendant qoelqae temps, M. de Sarciente.

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