VIGÉE
Mon frère ^ était un de ces hommes faits pour se voir très-recherchés dans la société. Il avait un excel* lent ton, ayant fréquenté fort jeunelabonne compagnie, et il avait de Tesprit, de Tinstruction ; il laisait de trèsjolis vers avec une extrême facilité» et jouait la comédie mieux que beaucoup d'acteurs. Il contribuait in-> Uniment au charme età la gaieté de toutes nos i^unions» peut-être même l'empressement que mettait le monde à le rechercher a-t-il nui à sa carrière littéraire, car nousiui prenions beaucoup de temps, lUui en resta asseznéanmoinspourse distinguer comme hommedelettresi Outre le cours de littérature qu'il lit à TAthénée avec un grand succès, quoiqu'il succédât au cours que venait d'y faire.La Harpe, Yigée a laissé^ un volume de poésies légères et plusieurs comédies .écrites en vers, dont deux, ka Aveux difficileê et rEntreme sont restées fort longtemps au répertoire «du Théâtre-Prançais. Je suis même surprise qu'on ne les donne plus,» sur« toiitl'^'ii^eviié,. charmante petite.. pièce, que jna4emoiseile Goatat «t Mole jouaienl admirablement. •
1 LbQls-Ièaff-'Bâptlrtto^ËUéans YlgéO' est' né' à Pkih, .l«'2*4é^ cefDbre IT&B, 9t o$t.mort dan» Ja m^e vUls le 7 août 1830. . .
VOLTAIRK. 343
Mop frère, jeanç eocoreS épousa la fille atnée de AS. de Riyiëre, chargé d'affaires de Saxe : c'était une femme charmante, pleine de vertus et de talents, si excellente musicienne, et douée d'une si belle voix, qu'elle a chanté chez moi avec madame Todi, sans que la comparaison lui fût défavorable.
Mon frère et mademoiselle de Rivière n'ont laissé de leur mariage qu'un seul enfant, ma nièce, ma bienaioQée nièce, celle qui m'a rendu une fille depuisi bêlas I que j'ai perdu la mienne.