‹ SouvenirsChapitre 110 sur 124 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Le froid à Snint-Pe'tersbourg. — Le peuple russe. — La douceur de ses mœurs. — Sa piobité. — Son intelligence. — Les femmes de marchands russes. — Le comte Goloviu. — ^La débâcle de la Néva. — Les salons de Snint-Pëtor>bourg. — Le tln'àtrc. — Madame Hus. — Munriini. — La comtesse Strogonoff. — La princesse Dolgo Kourakin.

On ne s'apercevrait point à Saint-Pétersbourg de la rigueur du climat, si, l'hiver arrivé, on ne sortait pas de chez soi, tant les Russes ont perfectionné les moyens d'entretenir de la chaleur dans les appartements. A partir de la porte cochère, tout est chauffé par des poêles si excellents, que le feu qu'on entretient dans les cheminées n'est autre chose que du luxe. Les escaliers, les corridors, sont à la môme température que les chambres, dont les portes de communication restent ouvertes sans aucun inconvénient. Aussi lorsque l'empereur Paul, qui n'était alors que grand-duc, vint en France sous le nom de prince du Nord, il disait aux Parisiens : a A Saint-Pétersbourg nous voyons le froid ; mais ici nous le sentons. » De même quand, après avoir passé sept ans et demi en Russie, je fus de retour à Paris, où la princesse Dolgoruki se trouvait aussi, je me rappelle qu'un jour, étant allée la voir, nous avions un tel froid toutes deux devant sa cheminée que nous nous disions : «Il faut aller passer l'hiver en Russie pour nous réchauffer. )>

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