CHAPITRE III. 16o
endormi, du Guide, et plusieurs beaux portraits de ce peintre. En sculpture, un magnifique buste d'Adrien,le Faune qui dort, et beaucoup d'autres statues et bas-reliefs antiques.
Le palais Colonna est cité comme le plus beau de Rome; toutefois, il est loin d'offrir le môme intérêt que le palais Borghèse. Celui-ci est si riche eu tableaux des grands maîtres et en statues, qu'il peut, ainsi que la villa du môme nom, passer pour un musée royal. C'est là que j ai vu les plus beaux tableaux de Claude Lorrain.
Si l'on s'en croyait, on passerait sa vie à Rome dans les palais et dans les églises. Les églises renferment des trésors en peinture, en mausolés admirables. En ce genre, les richesses qui ornent Saint-Pierre sont assez connues; pourtant je veux dire un mot du mausolée de Gfanganelli par Canova, qui est une bien belle chose. C'est à Saint- Pierre aux Liens que se trouve celui de Jules II par Michel-Ange. A Saint-Laurent hors des murs, on voit des tombeaux antiques : Tun d'eux représente un mariage, et Kaulre une vendange. L'église de Saint-Jean de Lalran, qui est ornée de colonnes, renferme aussi plusieurs tombeaux du même genre, dont l'un est en porphyre ei d'une immense dimension ; le cloître, qui joint la sacristie, est rempli d'inscriptions antiques écrites en diverses langues. C'est à Saint-Jean de Latran que le peuple , monte à genoux les vingt-huit degrés qui précèdent le portail.
La plus belle des églises sous le rapport de l'architecture est celle de Saint-Paul hors des murs, dontl'inté-
rieur, de chaque côté, est orné de colonnes. On ne peut douter que Saint-Paul n'ait été un temple, et c'est dans ce style que j'aurais désiré Saint-Pierre.
A Saint-André de la Vallc, la coupole et les quatre évangélistcs sont peints par le Dominiquin. C'est à la Trinilé-du-Monl, que se trouve la célèbre Descente de Croix de Daniel de Volterrc. Ce tableau, aussi admirable par la composition que par l'expression, est un des chefs-d'œuvre les plus remarquables de Rome. Je l'ai vu en très-mauvais étal ; mais on m'assure qu'aujourd'hui il est parfaitement restauré. Je ne sais s'il faut dire que l'on voit dans l'église de la Victoire de Sainte-Marie, la fameuse Sainte-Thérèse du Bernin, dont l'expression scandaleuse ne peut se décrire; mais c'est à San-Pictro in Montorio qu'on pouvait admirer alors la Transfiguration de Raphaël.
On ne peut avoir une idée de l'effet imposant et grandiose que produit la religion catholique, quand on n'a point vu Rome pendant le carême. La Semainc-Sainlc commence au dimanche des Rameaux, el se passe en cérémonies religieuses dont la pompe est vraiment admirable.
Le mercredi, je me portai avec la foule à la chapelle de Montc-Cavaîo où se chante le Stabat Mater de Pergolèzc, musique qu'on peut appeler céleste.
Le jeudi j'assistai à la messe qui se dit à Saint- Pierre avec la plus grande magnificence. Les cardinaux, revôtus de riches chasubles et tenant un cierge^ à la main, se rendent dans la chapelle Pauline, qui est éclairée par mille cierges. Un grand nombre de soldats, qui portent des cuirasses et des casques de