‹ Souvenirs politiques, 1871-1877Chapitre 18 sur 38 · LK MINISTERE JULES SIMON .ÎOI · texte numérisé non relu

LK MINISTERE JULES SIMON .ÎOI

lendemain des élections, quatorze préfets; le 14 avril, onze; le 2o mai, deux et, à leur suite, sept secrétaires généraux, vingt-trois sous-préfels, cinquante-trois conseillers de préfecture (1). Aux fonctionnaires ainsi écartés sajoutaionl, en plus gran<l nombre, ceux qui furent dé])lacés, et dont plusieurs donnèrent leur démission ; l'administration départementale devait paraître renouvelée dans toute la France. Cependant, elle ne l'était pas encore assez, au gré des députés : à l'avènement de Jules Simon, un an après les élections, les 6 jan\ier et 22 février 1877, ils obtinrent encore le renvoi de huit préfets et de cinquante et un sous-préfets (2). C'est la conséquence fatale de la centralisation administrative et des révolutions politiques en France, que les administrateurs des déparlements soient mêlés aux luttes des partis. En semparant des postes occupés par les clients de leurs adversaires, les républicains victorieux pensaient user du droit de conquête, s'assurer le terrain gagné. En réalité, ils perpétuaient, de mois en mois, après la \ictoire, l'état de guerre et, dans la nation coupée en deux, provoquaient les vaincus à la revanche. La paix .sociale ne se rétablissait pas. (Tétait pour ramener cette paix, pour en être la sauvegarde, que le Maréchal était resté au pouvoir, en appelant auprès de lui des ministres tirés d'un camp opposé au sien, et ces ministres continuaient le combat; ils se servaient du nom même du Maréchal pour frapper ses partisans. Il avait refusé la destitution des chefs militaires, mais il se voyait contraint de signer celles des fonctionnaires civils : contrainte qu'il ne subissait pas sans impatience et qu'il n'aurait pas supportée longtemps sans se déconsidérer, que Jules Simon, non plus, n'imposait point sans répugnance ni regrets. Il lui est arrivé, je If sais, de rendre justice à la bonne administration de

(i, .Vndré Dambi,. Ii].i,> „„i,i,,,u,' t.STfi. p. 99, 129. lo8. (i) Ibid . p. 3.

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lel pn'l'el qu'il mottail à lïn-arl et do reconnaître iiu'il n'avait rien à lui reproclicr; mais les députés auxquels ce préfet déplaisait exigeaient son départ; et, pour conserver sa majorité, le ministre cédait et faisait céder le Maréchal.

Dés lors, une ru|iture risipiail h chaque instant de survenir, soit entre le chef de l'État et le ministère, soit entre le ministère et la Chamhre. Ce ne fut pas le ministère «lui rompit avec les députés; au contraire, après avoir livré les emplois administratifs à leur appétit, il ne refusa pas l'Église à leur haine. Dans un débat soulevé par la gauche, le 4 mai, Jules Simon déféra aux injonctions de Gambetta contre le cléricalisme : attitude qui lui rallia la Chambre, mais lui aliéna déhnitivement le Maréchal.

La rupture cependant ne fut i-oinl déclarée à ce propos; devenue inévitable, eUe devait éclater .[uelques jours après, à l'improvistc, le 1(5 mai.

11 laul l'avouer, (pichiucs imprudences ecclésiastiques ,lonnèrent occasion au funeste débat. Longtemps les hommes politiques ([ui avaient voulu la monarchie et qui sié-eaient à droite ont été accusés d'avou- compromis l'I^rlise en soutenant sa cause. Ils l'ont été d'abord parles ennemis de l'Ki;lise lorsque, doutant encore du succès, ceu.x-ci cherchaient à déguiser leur attaque. Plus lard, maints honunes d'Église se sont flattés .l'apaiser qui les menaçait en lâchant qui les défendait; et, sans obtenir d'ailleurs par celte tactique d'autre résultat que de se désarmer eux-mêmes, ils ont adopté, et accrédité l'accu-

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