‹ Souvenirs politiques, 1871-1877Chapitre 27 sur 38 · I.A VICTOIRK Di: GAMBKTTA · texte numérisé non relu

I.A VICTOIRK Di: GAMBKTTA

surtout de leurs chances, en même temps que des gages à donner aux divers groupes conservateurs afin de nous assurer leur concours. Le gouvernement ne prétendait pas, comme jadis, designer arbitrairement, à son gré, des créatures dont sa seule investiture déterminerait l'élection: il devait recevoir les candidats des électeurs qu'ils as[)iraient à représenter et voulait seulement ])ar son ])alronage écarter les compétitions entre conservateurs, apporter à qui d'avance attirait par soi-même les suffrages l'appoint nécessaire au succès. A voir combien ce patronage était recherché, il nous était difficile de douter de son efficacité, de le croire inutile ou funeste, comme nous l'avons entendu dire plus tard h plus d'un de ceu.x qui l'avaient instanmient sollicité.

Cent cinquante-huit dépulé'S venaient de se prononcer pour le gouvernement en face des ^^tj;? (pii s'étaient déclarés contre lui. Dans les circonscriptions de ces lo8 députés, nous n'avions pas à chercher d'autres candidats. Restait à choisir ceux qu'il convenait d'opposer aux '3{\'.i. Ce travail nous occu|)a durant les mois de juillet et d'aoïîl. Le 20 août, le minisière fie l'intérieur nous transmit le tableau des candidatures Jus(|u'alors « agréées (^t notifiées aux préfets ». La liste était comj)lète ou à peu près dans 71» di'partements; il en était 7, dont celui de la Seine, et de plus l'.Mgérie et les colonies, qui n'y figuraient pas, de sorte qu'il restait en tout 'M collèges à pourvoir de candidats. Je présentai cette liste à Fourtou, qui venait de me l'cnvover et dînait chez moi ce jour-là avec le secrétaire de la présidence, le vicomte d'IIarcourt : je lui demandai quels collèges il comptait vraiment gagner, quels candidats nouveaux il se croyait assuré île faire élire II se prêta volontiers à nous les indiquer et, sur la liste que j'ai gardée, qui maintenant est sous mes yeux, il en marqua 112. Que ces 112 nouveaux élus vinssent s'ajouter aux loS anciens députés dont l'élection pré-

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céJcntc paraissait assurer la réélection et, sans compler les succès à glaner dans les circonscriptions manquant encore à notre tableau, nous avions pour nous plus ile la moitié (les députés; nous tenions la victoire. Voilà, au mois d'août, les pronostics sur l'issue de la campagne (jue formait le ministre chargé d'en diriger les opérations.

Les élections n'étaient pas notre seule ail'aire, et pour leur succès même il importait, tandis qu'elles nous occupaient, qu'aucun intérêt public ne restât en souiîrance. En rentrant au ministère du commerce, j'y trouvais une Exposition universelle à préparer à Paris, des négociations commerciales entamées à l'étranger.

L'Exposition avait été décidée depuis que j'avais quilté ce ministère. Lors(|ue je m'y voyais pour la première fois, on n'avait pas mamiué de me rappeler que, depuis le début du siècle, la France avait l'habitude d'ouvrir une exposition à peu près tous les dix ans, qu'à celle de 1867, la dernière de l'Empire, il était temps qu'une autre succédât, manifestant au monde le relèvement de la nation après ses désastres. J'avais fait la sourde oreille. Notre renaissance industrielle et commerciale n'avait pas besoin de s'étaler : elle étonnait tous les peuples. Il me semblait d'ailleurs qu'à mesure que les comnmnications et les échanges se multij)liaient en Europe, ces concours internationaux devenaient superflus, provoquaient les vaines dépenses plutôt que les progrès réels, et drainaient les provinces au profit de la capitale, beauc^jup plus qu'ils n'ai tiraient sur notre terriluirc les richesses étrangères.

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