‹ Souvenirs politiques, 1871-1877Chapitre 4 sur 38 · I.'A-SSKMUI.Ki; NAT10NAL1-: A BORDEAUX l · texte numérisé non relu

I.'A-SSKMUI.Ki; NAT10NAL1-: A BORDEAUX l

de nous un gouvernement sans savoir lequel, et nous avait donné un blanc-seing à cet effet. Le gouvernoinenl (juc nous avions voulu lui rendre, parce qu(> nous l'estimions le meilleur, lui faisant défaut, sa confiance passa à ceux qui en avaient un autre à lui offrir

Voilii ])Oii,r(iuoi il ne nous a pas été donné de fixer le sort de la France. Nous ne lui avons pas été inutiles pourtant. Dans lextrémité où elle était réduite, nous avons renu'dié k ses maux, pourvu à ses besoins immédiats : les forces, les ressources (|ue nous lui avons refaites n'étaient pas épuisées vingt ans plus tard. Mais nous n'avons pas réussi h lui assurer un avenir. Nous avons remis sur pied la « Grande Blessée »; mais la route où nous prétendions la conduire s'est fermée devant nous et elle a suivi daulres uuides.

Pour traiter avec l'ennenii, il fallait d'aburd instituer im gouvernement. Bien (|u"il ne se rencontrât personne alors (jui pût ou voulût disputer le pouvoir à M. ïliiers, designé par les suffrages de vingt-huit déparlements, néanmoins, dans la manière de le lui <-onférer commencèrent il se dessiner les partis (|ui devaient se partager l'Assemblée.

Ce qui rendait .M. Tiiiers iiic\ il.iidc cl lui vabiil i\i' paraître l'élu de la nation même, c'était son opposition depuis quinze ans à tout ce qui avait prt'paré ou venait de consommer la ruine de la France : à l'Empire et au gouvernement personnel, comme à la politique é-lrangère île .Napoléon III et a la lutte mal préparée contre la Prusse,

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i)iiis. (Ml (li'iiiii'i- lieu, il lu ilicUituro (Irrnagoi^iciiu' deCiainhetlii, il la i;ucrre ii outrance poursuivie sans ressources. Jamais opposition plus constante ii des •j^ouverneiuents plus (lillérents n'avait été mieux justifiée; jamais palriotisme alarmé ne s'était montré plus clairvoyant: et le in(''iiioral)le vovane entrepris par l'illustre vieillard ii Iravers rtlurupe. |iour elierclier ii la i'rance terrassée un appui qu'il n'avait pas obtenu, ven.iil de donner ii ce patriotisme un prestige de plus : Tauréole (pii entoure les eilorts désespérés pour les causes vaincues.

l'ji outre, ainsi tpae je l'observais plus liant, .M. Tliiers survivait seul parmi nous ii tous les grands ])arlementaires; et, dès lors, dans la nouvelle Assemblée-, il paraissait hors de pair; il ne rencontrait personne (jui marchât son égal ni cpi'il estimât capable de lui tenir tète. De lii. l'autorité singulière qu'il exerça tout d'abord et Tinfatuation qui le perdit ensuite.

iMilin. il v regarder de prt's, il est permis de penser qu'il n'avait pas attendu les dcn-nières catastrophes pour se croire destiné au rang suprême. Dès 1848. assure-t-on, il rêvait de la présidence de la République, et, d'avance, il avait donné des gages aux divers partis. Chacun se crovait de lionnes raisons d'espérer en lui. Les débuts et la première portion de sa carrière politique le rattachaient au parti orléaniste, et, dans ce parti, malgré (|u"il eût réprimé des émeutes et les excès de la presse avec \ igueur, il la gauche. Sous la République de 1848, les conservateurs l'avaient compté pour un de leurs chefs; les catholiques lui avaient dû l'expédition de Rome, le rétablissement du Pape, la liberté d'enseignement, les collèges de Jésuites .Si, dans son histoire du premier Empire, il avait célébré les gloires et les victoires de Napoléon I". avec une complaisance (jui flattait le vulgaire des patriotes, il n'en avait pas moins été, sous le second Kmpire, le plus redoutable adversaire de Napoléon 111, le plus éloquent

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