‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 11 sur 45 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

simple mortelle; il ne faut pas que l'on puisse supposer que l'héritier de la couronne ait été apporté du dehors. Des témoins dûment qualifiés sont donc nécessaires. Sous l'ancienne monarchie, le cérémonial était consacré par l'usage; sous la monarchie napoléonienne, il fut réglé par des statuts et par des sénatus-consultes. En vertu de ces actes, le 46 mars 1856, vers trois heures du matin, les douleurs ayant commencé, le Prince Napoléon, le Prince Louis Murât, M. Achille Fould, ministre d'État de la Maison de l'Empereur, M. Abbatucci, garde des sceaux, furent introduits dans la chambre de Sa Majesté.

L'Impératrice m'a dit qu'elle se sentait observée surtout par le monocle intense du Prince Napoléon, naturellement préoccupé de savoir s'il allait rester l'héritier de la couronne impériale. — L'enfant vint au monde. L'Empereur se pencha vers l'Impératrice, qui, d'une voix faible et inquiète lui demanda : « C'est une fille? » L'Empereur répondit : « Non. » Alors l'Impératrice, souriante : « C'est un garçon! » Mais l'Empereur, craignant une émotion trop vive, répondit encore : «Non! » — « Mais alors, qu'est-ce que c'est! » — Le vrai, c'est sans doute que l'Empereur, très ému, balbutia des paroles inintelligibles ; l'imagination de l'Impératrice les traduisit en langue claire.

Elle « contait » à merveille. Je me rappelle le récit d'un combat de cerfs : les cornes enchevêtrées, secouées à être brisées, les bêtes bramant leur fureur; à la lin, elles se tuaient l'une l'autre. Et l'Impéra-

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