‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 12 sur 45 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

trice concluait : « Les cerfs savent ce que c'est que l'amour; peut-être les hommes primitifs le savaient aussi...; mais les hommes d'aujourd'hui!... »

L'outrance à la façon d'Espagne lui était familière : « 11 y avait à Madrid, une femme qui souffrait mortellement de la fièvre; un jour, elle était assise sur un banc d'une place où se trouvait une écurie de taureaux de combat. Un de ces taureaux passe derrière elle et lui souffle dans le cou. La fièvre s'en alla et ne revint plus4. »

L'imagination de l'Impératrice se complaisait dans le tragique ; voici quelques paroles d'elle que Filon a citées :

« Je suis venue au monde pendant un tremblement de terre; ma mère accoucha sous une tente dans le jardin. Qu'est-ce que les anciens auraient dit d'un tel présage? Us auraient dit que je venais bouleverser le monde. »

En voici d'autres que j'ai entendues :

« En 1855, j'étais à Biarritz; une nuit, je fus éveillée par le tocsin qui annonçait un incendie; je me levai en hâte et j'allai faire la chaîne : je sentis alors, pour la première fois, tressaillir mon enfant.

1. En l'entendant parler les jours où elle était en verve, plusieurs lui ont demandé pourquoi elle n'écrivait pas ce qu'elle contait si bien. A cette question, que j'entendis un jour, elle répondit : « Non, par exemple! On me mettrait des sic! » En effet, dans les Papiers trouvés aux Tuileries après le 4 septembre 1870, quelques fautes élaient suivies d'un sic entre parenthèses; elle en demeurait vexée. Mais ces fautes, rares d'ailleurs, n'empêchaient pas qu'elle écrivît bien et nettement. Une publication de ses lettres lui ferait certainement honneur.

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