‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 14 sur 45 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

à mes dépens. C'était à Arenenberg. Je lui demandai le matin de vouloir bien m'accorder quelques minutes d'entretien après le déjeuner. En sortant de table, elle me mena au pavillon de la reine Hortense et me fît asseoir près d'elle. Je lui dis alors que j'avais été fort ému — et que je n'étais pas le seul — par la visite que le maréchal Bazaine, évadé de son île, lui avait faite récemment. Brusquement, elle se leva ; le sang lui montait à la tête : <n Vous ne savez donc pas que, seul dans l'armée, le maréchal a gardé les aigles sur les drapeaux après le 4 septembre. Vous ne savez rien de cette histoire... » Alors, elle me raconta ses relations avec Bazaine à la trahison de qui elle n'a jamais voulu croire : « tout semblait perdu ; on ne pouvait raisonnablement espérer que des forces militaires nouvelles fussent créées, et Paris était incapable de se défendre longtemps; plus la guerre durerait, plus grandes seraient les exigences de l'ennemi ; des troubles révolutionnaires étaient à craindre ; la guerre civile ajoutée à la guerre étrangère, c'était la fin des fins; restait une armée, celle de Bazaine, armée héroïque, et l'ennemi savait bien qu'il ne la réduirait pas aisément à merci; Bismarck, très prudent, craignait la continuation de la guerre ; une intervention étrangère sous forme de médiation pouvait se produire. N'était-il pas possible d'espérer une paix moins dure que celle qui était à prévoir; on la devrait à l'armée de Metz ; on lui devrait aussi à cette armée le maintien de l'ordre en France ; à ce moment-là une « Commune » était à craindre, et vous savez ce

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