‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 15 sur 45 · PREFACE XVII · texte numérisé non relu

PREFACE XVII

qu'elle a été, la Commune...? Oui, j'ai cru servir la France. Si j'ai aussi espéré servir la dynastie, qui pourrait me le reprocher? Mais ce n'était pour moi qu'un intérêt secondaire. Si vous me croyez capable de préférer la dynastie à la France, c'est que vous ne me connaissez pas. »

Ses paroles se pressaient véhémentes et sonores. Je l'écoutais respectueusement, sans un mot ni un geste d'adhésion *. Elle vit bien qu'elle ne me convainquait point; elle conclut : « Ne me parlez plus jamais du maréchal Bazaine. » Je m'inclinai ; elle s'assit, puis quelques secondes après, se releva et se dirigea vers la maison sans m'inviter. à la suivre.

Je dois ajouter que le lendemain l'orage parut dissipé. Au « bonjour » d'avant le déjeuner, elle me sourit avec sa grâce habituelle.

L'Impératrice avait l'esprit cultivé. Il ne s'agit pas d'une culture méthodique sur plan prémédité et suivi ; elle était incapable d'un patient travail régulier, étant pour cela trop « primesautière ». Elle lisait des journaux, mais aussi de sérieuses revues et des livres ; les sujets les plus divers l'intéressaient. Ses lectures étaient attentives ; elle notait ses réflexions sur des cahiers; Filon, qui les a lues, fait à leur propos une curieuse réflexion : « L'Impératrice différait en tout de la société dans laquelle les circonstances

1. Je dois déclarer ici, tout en regrettant ce désaccord avec mon ami Filon, que l'incident Régnier, si bien exposé d'ailleurs dans îe volume, rne parait avoir été plus que fâcheux.

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