‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 17 sur 45 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

ceux qui l'accompagnaient, craignant pour cette plus qu'octogénaire les chaleurs équatoriales, l'en dissuadèrent. Enfin, elle entreprit le voyage de l'Inde, pour se débarrasser, disait-elle en souriant, d'une crise prolongée de rhumatismes, mais aussi attirée par le renom d'une de ces vieilles civilisations qu'elle aimait et qu'elle comprenait.

Elle est morte dans sa quatre-vingt-quinzième année. Devenue presque aveugle, elle ne se résignait pas à l'obscurité. Depuis longtemps, elle désirait une opération; les médecins de Paris n'en voulaient pas entendre parler parce qu'ils en jugeaient les suites dangereuses; elle persista à la vouloir. Sa volonté demeurait ferme ; son intelligence n'était point affaiblie. Elle décida que la joie de retrouver la vue, de c voir » encore les êtres et les choses, valait le risque à courir.

Les exemples d'une telle longévité, avec une telle énergie vitale persistante, sont très rares.

Reste à parler de la politique.

c Je déteste la politique », a dit et répété l'Impératrice. Mais pourquoi donc lisait-elle quotidiennement cinq ou six journaux de France ou d'Angleterre? Ce n'était point pour s'amuser aux faits divers assurément. Ce qu'elle détestait dans la politique, c'est le travail régulier, suivi, méthodique, la besogne de bureau d'où sortent tant de papiers à lire. Mais s'éle-

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