‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 19 sur 45 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

Rome. Elle dut avoir à ce propos de vives discussions avec l'Empereur. Certainement elle félicita M. Rouher d'avoir répondu à la gauche de la Chambre qui réclamait l'évacuation de Rome, par le fameux « Jamais ! » Jamais, un mot qu'il ne faut jamais dire.

Un jour à Farnborough, elle avouait à Filon qu'elle n'aimait guère les réformes libérales de la fin de l'Empire ; elle pensait que l'Empereur était allé trop loin, qu'il aurait dû réserver à son fils l'honneur de rétablir la liberté politique en France. Au fond, elle n'avait point de goût pour le régime parlementaire, où le souverain règne sans gouverner. Et puis un des premiers actes de M. Emile Ollivier avait été de l'exclure du Conseil des ministres où elle siégeait depuis quelques années par la volonté de l'Empereur. Et puis M. le président du Conseil prenait une grande importance, qu'i ne dissimulait pas. Une foule se pressait aux réceptions de l'hôtel présidentiel de la place Vendôme. 11 venait moins de monde aux lundis de l'Impératrice.

Elle était donc une autoritaire. Mais en même temps, une démocrate, et très sincèrement. Des actes d'elle, nombreux et touchants, prouvent qu'elle s'intéressait aux pauvres gens. Elle allait, déguisée en vieille dame à lunettes, voir les familles miséreuses. Au retour d'une de ces visites, elle disait à Filon qu'il fallait qu'on menât le Prince dans les logis des quartiers excentriques : « Il ne sait pas ce que c'est que la misère. Il croit probablement que les pauvres sont ceux qui n'ont pas de voiture. 11 faut qu'il

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