PREFACE XXV
mure quelques paroles : « Madame, il y a des cir- » constances... » Elle l'interrompt, et « son âme soulevée jusqu'en ses dernières profondeurs se répand en un torrent de paroles tumultueuses et folles. Ce quelle dit alors, Conti ne l'a répété à personne, et je mourrai comme lui sans l'avoir répété... » Le lendemain ce fut le 4 septembre.
Telle est, brièvement résumée, l'histoire catastrophique des trente-huit journées écoulées entre le 26 juillet 1870 et la chute de l'Empire. Est-il possible d'y discerner, pour la juger ensuite, la conduite de la Régente?
Bien des accusations ont été portées contre l'Impératrice. On lui a reproché comme un acte particulièrement odieux d'avoir empêché le retour de l'Empereur à Paris. Elle a donné ses raisons au général Trochu dans la délibération qui a précédé la décision : « Général, savez-vous que cinquante hommes armés pourraient arriver jusqu'à cette chambre et me massacrer ; on ne m'attaque pas pourtant, précisément parce que je ne me défends pas, parce que l'on sait bien que, moi disparue, l'Empire resterait debout. Mais supposons l'Empereur dans ce palais qui est un piège à prendre les souverains. Imaginez l'assaut de toutes les haines coalisées contre lui. De deux choses l'une : ou l'armée prendrait son parti, et alors ce serait une