‹ Souvenirs sur l'Impératrice EugénieChapitre 26 sur 45 · XXX PREFACE · texte numérisé non relu

XXX PREFACE

craignent qu'il ne soit bloqué dans quelque ville et parlent de le conduire à Amiens.

L'Impératrice écritau commandant Charles Duperré, le plus élevé en grade des of Aciers du Prince, qu'elle n'est « pas d'avis de ces pérégrinations de ville en ville » ; elle veut que son fils demeure sur « le théâtre de la guerre », à Laon, par exemple : « Vous avez un plus pressant besoin que celui de la sécurité, c'est celui de l'honneur et je trouve que cette retraite sur Amiens est indigne du Prince et de nous. Chacun de nous doit soutenir, dans les limites de ses forces, les durs devoirs qui lui incombent. J'ai le cœur déchiré mais résolu... J'ai des angoisses terribles; mais je veux avant tout que chacun de vous fasse son devoir. Songez à une chose : je puis pleurer mon fils mort, blessé, mais en fuite ! Je ne vous le pardonnerais jamais. C'est donc à votre honneur de militaire que je m'adresse. Faites pour le mieux, mais agissez en soldat. Je vous couvre et prends toute responsabilité. Nous tiendrons à Paris, si nous sommes assiégés et hors de Paris encore et toujours. »

Certes, l'Impératrice a souffert cruellement pendant ces journées, et elle a pleuré, mais en cachette. A ceux qu'elle voyait en larmes, elle disait : « Ne m'attendrissez pas; j'ai besoin de tout mon courage. » Une seule fois elle a perdu la maîtrise d'elle-même, mais au reçu de quelle nouvelle : Sedan ! De « folles paroles » lui sont échappées ; mais le lendemain, elle a repris son sang-froid. Le 4 septembre, à midi, elle

Page 1