PREFACE XXXI
reçoit une députation d'un groupe parlementaire que lui présente M. Bulïet. La conversation a été racontée à la Commission d'enquête sur le 4 septembre. « L'impératrice, déclare le général Chabaud-Latour, nous a tenu le langage le plus noble, le plus élevé. > Un des commissaires demande : « L'Impératrice était-elle calme? » Réponse : « Elle était parfaitement calme. » M. Buffet loue sa « calme énergie ».
Parfaitement calme ! Et pourtant, des messages de police arrivant au cours de l'entretien, annonçaient le progrès de l'insurrection : baïonnettes au Carrousel, baïonnettes dans le jardin, baïonnettes rue de Rivoli.
Sous ce calme, que cachait-elle ? On sait qu'elle eut toujours à l'esprit le souvenir de Marie- Antoinette. Certainement, elle a pensé, au moment où elle rentrait à Paris, le 7 août, au sinistre voyage de la malheureuse reine, de Versailles à Paris, le 6 octobre 1789. Elle pensait à Marie-Antoinette lorsqu'elle parlait au général Trochu des Tuileries, « piège où l'on prend les souverains ». Elle prévoyait sa mort sur l'échafaud, même quelque chose de pire : « Je n'avais pas peur de la mort. Tout ce que je craignais, c'était de tomber entre les mains de quelques mégères qui eussent mêlé à ma fin quelque épisode honteux ou ridicule, qui eussent essayé de me déshonorer en me massacrant. Je me figurais mes jupes relevées, j'entendais des rires féroces; car les tricoteuses ont laissé une postérité. »
Pour apprécier à sa valeur le courage de l'Impé-