PREFACE V
Constance. Derrière la maison, une terrasse regarde l'Untersee et les collines vêtues de forêts. La reine Hortense prétendait que nulle part au monde ne se pouvaient voir d'aussi beaux couchers de soleil. Du parc, des chemins descendent au Sud vers la plaine, ou montent au Nord vers les collines. C'étaient, de tous côtés, des invites à sortir, et l'on sortait chaque jour; les promenades à pied alternaient avec les promenades sur l'eau. Et puis, Arenenberg, c'était un séjour d'été, et la belle saison embellit même l'existence des affligés.
Mais Chiselhurst !
Filon a décrit la longue galerie du rez-de-chaussée, qui était le lieu de promenade où les pas des exilés, pendant dix ans, mesurèrent des milliers de kilomètres. Un jour d'octobre, j'y marchais à côté de l'Impératrice ; au dehors un brouillard d'Angleterre régnait souverainement. L'Impératrice, collant son front à la glace de la galerie, me dit : « Ne trouvezvous pas que nous avons l'air de poissons qui évoluent dans un aquarium? »
Oh ! les longues heures de ces journées noires ! J'y ai compris et senti le spleen. Le Prince impérial en subissait les accès ; un jour, dans son cabinet j'entrai et voulus causer, mais il ne m'écoutait pas ; il i nait à la plume des grenadiers de la vieille garde marchant, le haut bonnet à poil incliné sous le vent et la pluie.
Monseigneur, à quoi pensez -vous »? — « Je pense que je donnerais beaucoup pour voir l'omnibus