‹ Souvenirs sur la révolutionChapitre 16 sur 35 · DU CO.MTK DK U O C H KC HO U ART · texte numérisé non relu

DU CO.MTK DK U O C H KC HO U ART

dants de place, russe, autrichien et prussien, avaient chacun sous leurs ordres quatre arrondissements, dans lesquels devaient loger les officiers de leur nation.

Ces commandements des douze arrondissements de Paris, sous les ordres du gouverneur comte Sacken, étaient répartis ainsi :

Les premier, deuxième, troisième et quatrième sous les ordres du comte de Rochechouart, colonel, aide de camp de Tempereur de Russie.

Les cinquième, sixième, septième et huitième sous les ordres du général Hertzogenberg, général-major autrichien, émigré, dont le nom français était comte de Fecadeuc, en bas breton : montagne du duc, qu^il avait traduit littéralement en allemand par : Hertzogenberg.

Les neuvième, dixième, onzième et douzième sous les ordres du comte de Goltz, général-major prussien, en remplacement d'un autre général qui avait refusé.

Le quartier général de Tempereur de Russie fut installé à rÉlysée ; en attendant son organisation complète, Tempereur Alexandre accepta pendant quelques jours l'hospitalité dans Fhôtel du prince de Talleyrand, 2, rue Saint- Florentin, hôtel qui appartenait avant la Révolution au duc de rinfantado.

Le quartier général du roi de Prusse s'établit dans rhôtel du prince Eugène de Beauharnais, rue de Bourbon. La Prusse acheta cet hôtel pour y établir son ambassade.

On mit à la disposition de Tempereur d'Autriche et de sa suite Thôtel du prince de \\'agram, situé boulevard des Capucines, qui devint plus tard le ministère des affaires étrangères.

Le palais de Saint-Cloud fut assigné, faute de place dans Paris, au princedeSchwarzemberg, etau nombreux

ctat-major du généralissime. La multiplicité des uniformes russes, anglais, autrichiens, suédois, prussiens, allemands occasionna plusieurs méprises; pour éviter des accidents, tous les officiers alliés reçurent Tordre de porter au bras droit un brassard blanc. On crut voir dans le choix de cette couleur une démonstration en faveur des Bourbons, il n'en était rien; la couleur blanche fut préférée comme étant celle qui se voyait de plus loin, le jour ou la nuit. Les royalistes de Paris attachaient de l'importance à la couleur du brassard, mais c'était une simple coïncidence, elle n'entrait pas dans la pensée du prince de Schwarzemberg, de qui Tordre émanait.

Mon commandement demeura le plus important. Je restai seul chargé des communications et des relations avec la préfecture, le gouvernement provisoire et Téiat-major de la garde nationale. Après m'avoir instruit de ces nouvelles dispositions, le général Sacken i:îe dit : « L'Empereur vous ordonne d'exécuter ponc- « tucllement et sans aucune restriction, une commis- « sion à laquelle Sa Majesté Impériale attache une <: grande importance, tâchez de vous en bien pénétrer; « l'Empereur est informé que, sous un prétexte quel- « conque, M. de Caulaincourt, duc de Vicence, doit se « présenter à TElysée et insister pour être admis auprès « de Sa Majesté Impériale. Non seulement TEmpereur ne a veut pas le voir, mais il vous ordonne de lui dire, et a cela sans ménagements aucuns, qu'il ne veut ni le a recevoir ni l'écouter. Tâchez de vous tirer de là le a plus poliment possible, cela vaut toujours mieux , « n'employez les gros mots qu'à la dernière extrémité, a mais employez-les, si vous ne pouvez faire autrement, « car vous devez obéir à un ordre si formel. » Le gouverneur achevait à peine de me donner ces instructions

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que Tempereur Alexandre m'aperçut et m'appela. Je n'avais pas encore eu l'occasion de le remercier du poste important qu'il venait de me confier, il ne m'en laissa pas le temps : « Je suis horriblement pressé, me dit-il, « ainsi donc deux mots seulement. Je suis bien aise de « ce que j'ai fait pour vous, je crois que vous com- « prendrez votre situation. Le général Sacken a dû vous « dire que je ne veux pas recevoir le duc de Vicence, « allez à l'Elysée et déclarez-le-lui. »

Je me rendis tout de suite au palais de l'Elysée. Je trouvai sur les marches du perron le grand écuyer, duc de Vicence, ancien ambassadeur de France en Russie; l'ayant vu dans mes voyages à Pétersbourg, je le connaissais parfaitement. Je m'approchai de lui et lui demandai ce qu'il désirait. Le dialogue suivant s'établit entre nous : « Le duc : Je viens offrir à Sa Majesté l'empereur « de Russie la maison de l'empereur Napoléon pour le « servir dans ce palais.

« Moi : L'empereur Alexandre a sa maison, elle suffit « à tous ses besoins, j'ai reçu des ordres à cet égard, je « ne vous en adresse pas moins tous mes remerciements « pour cette aimable prévenance.

« Le duc : Je désire recevoir cette réponse de la bouche « même de Sa Majesté. J'ai l'honneur d'en être connu « particulièrement.

« Moi : Impossible, monsieur le duc, l'Empereur « vient de me donner ses ordres; il lui est impossible de « recevoir personne aujourd'hui.

« Le duc : Je n'ai probablement pas l'honneur d'être « connu de vous, sans cela...

« Moi : Je vous demande pardon, j'ai parfaitement « l'honneur de vous connaître, monsieur le duc de « Vicence; je me borne à vous répéter que l'Empereur

« m'a ordonné de ne laisser pénétrer aucun étran.;er « auprès de sa personne, telle est la consigne que je viens « de donner à Tofficier qui commande ici.

« Le duc : Cette défense ne peut me concerner, et « lorsque l'empereur Alexandre sera informé de Tinsis- « tance que je mets à lui présenter mes hommages de « vive voix, je suis certain que je serai admis en sa pré- « sence. Au titre de grand officier de l'Empire français, « je joins celui de diplomate.

« Moi : Monsieur le duc, j'ai employé jusqu'à présent « des expressions polies, qui devraient être comprises « d'un diplomate aussi distingué. Je vais vous parler « maintenant sans détours, militairement et clairement : « Sa Majesté l'empereur de Russie, que je quitte à Tin- « stant, place Louis XV, vient de me dire : Si le duc de « Vicence se présente à l'Elysée et désire me parler, je « vous ordonne de lui répondre que je ne veux ni le voir « ni l'entendre. Je suis désolé de vous répéter ces paroles « aussi crûment, mais votre insistance m'y a forcé.

« Le duc : Il ne me reste plus qu'à me retirer, mais « je ne sache pas avoir rien fait pour m'attirer cette « sévérité de l'empereur de Russie. »

Le duc de Vicence, nommé par Napoléon ambassadeur en Russie, après la paix de Tilsitt, avait su capter par ses formes charmantes l'amitié de l'empereur Alexandre, qui, dans l'épanchement d'une confiance intime, lui avait fait des confidences d'une grande importance, action peu prudente vis-à-vis d'un ambassadeur étranger. Cette grande intimité déplut à Napoléon. Au commencement de 1812, il rappela le duc de Vicence et nomma à sa place le général de Lauriston. Après la prise de Moscou par l'armée française, l'empereur Alexandre, ayant cru reconnaître, à certains indices, que M. de Cau-

laincourt Tavait indignement trahi en abusant de quele]aes-unes de ses confidences intimes, avait pris la résolution de ne plus avoir aucune relation avec lui. Le duc de Vicence étant parvenu à prouver le non-fondé de cette accusation, l'Empereur lui rendit toute justice et son amitié. Je tiens ce dernier renseignement du duc de Richelieu. Le duc de Vicence pa^jti, je me rendis en toute hâte place Vendôme pour prendre possession de mon commandement.

Les affaires les plus importantes m'attendaient, une des plus pressées était de rflt'entendre avec le commandant en chef de la garde nationale de Paris. Le maréchal Moncey, revêtu de ce commandement, avait donné sa démission la veille au soir; le duc de Montmorency le remplaçait. Les relations de famille et de société qui existaient entre nous devaient faciliter les négociations dUntérêts si difficiles à concilier; sa sœur, Eléonore-Anne- Pulchérie de Montmorency, avait épousé, le 21 avril 1801, Victor de Mortemart, fils du marquis de Mortemart, qui me témoigna tant de bonté à Lisbonne. Je n'avais rien mangé depuis notre souper à Belleville; il m'emmena dîner chez lui, voulant jouir de la surprise de sa femme, retrouvant, commandant la place de Paris, Je Jeune homme avec lequel elle avait joué la comédie à la Meilleraye, en i8o3. Le duc de Montmorency avait un beau rôle à jouer dans les circonstances actuelles; malheureusement, il manquait d'énergie, qualité indispensable dans ces moments de trouble. Il fut bientôt remplacé par le général Dessoles.

Je passai la nuit du 3i mars au i" avril tout entière debout, consacrant les premières heures aux maires des quatre arrondissements placés tout spécialement sous mes ordres pour organiser les logements militaires et les dis-

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tiibuiions de vivres et de fourrages ; puis vint le tour de rétat-tnajor de la garde nationale et de la police, pour régler les patrouilles indispensables dans ce moment de désorganisation générale. Ces affaires terminées, on m'annonça la visite d'un groupe de royalistes amenés par Armand de Polignac et le marquis de Quinsonnas; ils venaient tenir un conseil chez moi. Les premiers mots étaient à peine échangés, qu'un aide de camp du général Sacken vint m'ordonner de me rendre, toute affaire cessante, auprès de lui. Je priai Armand de Polignac et ses amis de m'attendre, et je me rendis en toute hâte chez le gouverneur. Les deux autres commandants, prussien et autrichien, arrivèrent en même temps que moi : « Mes- « sieurs, nous dit le général Sacken, nous sommes préve- « nus que Napoléon a été vu dans la journée, à quelques « lieues de Paris; il venait de Fontainebleau; il pourrait « se faire qu'avec les débris des troupes qui ont com- « battu hier, joints à quelques renforts dont il dispose « encore, il tente un coup de main cette nuit, espérant « nous surprendre dans les rues de cette grande capitale, « rues que nous ne connaissons pas. Vous prendrez « chacun un bataillon de vos troupes respectives, vous le « ferez bivouaquer devant vos logements, j'en garderai « un également. L'empereur de Russie couche chez le « prince de Talleyrand, il y a des forces suffisantes sur « ]a place Louis XV. Le roi de Prusse a plusieurs « bataillons de garde sur le quai d'Orsay, derrière Thôtel « qu'il habite. Au premier signal , vous ferez évacuer « tous les postes et vous vous dirigerez place Lonis XV, <: lieu du rendez-vous général. D'après certaines négocia- « tions entamées avec le maréchal Marmont, duc de « Raguse, qui s'est si bravement battu tous ces jours-ci, « je ne crois pas à une attaque, mais rappelez-vous que

« c'est souvent au milieu du plus beau triomphe que K Ton éprouve les revers les plus sanglants; je compte :< donc sur votre prudence et votre activité, comme vous .( pouvez compter sur ma vieille expérience. » Chacun de nous assura le gouverneur qu'il ferait son devoir, qu'il se conformerait ponctuellement à ses ordres, et que ses sages conseils seraient suivis.

Avant de rentrer dans mon salon, je donnai les ordres nécessaires pour l'exécution de ceux que je venais de recevoir; ma figure portait les traces d'une préoccupation bien compréhensible, après une telle communication; M. de Quinsonnas s'en aperçut le premier, il me dit : « Que se passe-t-il donc, cher ami? vous avez une « mine bien sévère? — Il se passe, répondis-je, que je « n'ai ni le temps ni l'envie de m'occuper de restaura- « tion; qui sait si nous ne serons pas obligés d'évacuer K Paris cette nuit! une terrible responsabilité pèse sur « moi... » Ces messieurs tournant, en réalité, la supposition que je venais de faire, se retirèrent en disant : « On '/ va quitter Paris cette nuit! » Ils se rappelaient le sort du chevalier de Gouault, fusillé quelques mois auparavant à Troyes, et chacun voulait prendre ses précautions. Montpezat entra alors, il m'apportait de nombreuses pièces à signer et venait me rendre compte de l'exécution de plusieurs ordres. Enfin vers cinq heures du matin, brisé de fatigue, je m'étendis sur un canapé et dormis environ deux heures.

Cette première nuit se passa sans alertes. A sept heures, je me remis au travail, effrayé de la masse d'affaires que j'avais à traiter, me trouvant bien novice pour des questions si graves et si multiples. Les chances d'attaque de la part de Napoléon paraissaient s'évanouir; nous apprenions la nouvelle de son abdication à Fontaine-

bleau, le retour des Bourbons semblait décidé, je me mis plus tranquillement au travail.

Le 1" avril, dès sept heures du matin, le préfet de la Seine, le préfet de police et tous les maires de Paris me firent prévenir que depuis trois jours aucun arrivage de bestiaux n^avait pu pénétrer dans la ville ; ceux qui s'y étaient aventurés avaient été saisis par les corps de troupes isolés qui entouraient Paris. Or, il fallait pourvoir à la consommation journalière de la capitale, à la fourniture des hôpitaux civils et militaires, aux rations des troupes alliées dont le nombre, déjà considérable, allait augmenter par Tarrivée de régiments en retard, ralliant Paris. Cette question d'approvisionnement de viande de boucherie primait toutes les autres, il fallait s'en occuper immédiatement.

J'envoyai à chaque barrière des sous-officiers accompagnés d'agents de la municipalité et de la police, avec ordre de saisir tout le bétail amené par les corps en retard. Tous ces animaux pris par réquisition n'avaient rien coûté à ceux qui les traînaient à leur suite ; les agents municipaux les saisirent et les payèrent sur place, le prix basé sur la moitié des cours des derniers marchés. De cette façon, il se trouva bientôt à la disposition de la ville une immense quantité de viande revenant à la moitié du prix ordinaire; ce qui laissa le temps aux bœufs de Normandie et d'ailleurs de reprendre le chemin de Paris. Les détenteurs de ces bestiaux se trouvaient eux-mêmes largement indemnisés, par l'argent comptant qu'on leur donnait pour une chose qui ne leur coûtait rien. Cet expédient me valut de grands remerciements de la part du conseil municipal, préoccupé comme moi des conséquences qui pouvaient résulter du manque de viande de boucherie.

DU COMTE DE ROCH EC H O U A R T . SSg

Cette affaire terminée, Je m'occupai des logements; je recevais des réclamations sans Hn de la part des propriétaires les plus riches et souvent les plus récalcitrants. La première réclamation vint de M. Roy; son hôtel, rue de la Chaussée-d'Antin, quUl habitait avec sa famille, était fort joli, mais pas assez vaste pour loger, en plus, le général Sacken, son état-major et ses bureaux; cette réclamation me paraissant fondée, j'établis le gouverneur chez M. de Crest, faubourg Saint-Honoré, tout près de l'Elysée. M. Roy dut loger, en échange, deux de mes collègues, aides de camp du Tzar. Madame Hulin, femme du général à qui j'avais succédé, parvint, je ne sais comment, auprès de l'empereur Alexandre; elle se prétendit enceinte, pleura, supplia, et finalement obtint qu'on me ferait déloger de son hôtel; le général Sacken me transmit lui-même Tordre de Sa Majesté Impériale de chercher un autre appartement. M. Cordier, maire du premier arrondissement, m'installa à l'hôtel d'Elbeuf, place du Carrousel, occupé naguère par le duc de Bassano, ministre d'Etat, par conséquent, magnifiquement meublé par le garde-meuble de la couronne, avec argenterie, vaisselle, cristaux, linge, etc., etc., aux armes et chiffre de Napoléon; de vastes bureaux étaient tout prêts, de magnifiques écuries attendaient les chevaux ; en un mot, l'hôtel était somptueux et donnait une idée du luxe de l'Empire. Je m'établis dans l'appartement de la duchesse de Bassano, le lit commun avec son mari avait des draps de batiste et des oreillers ornés de dentelles; une glace au ciel du baldaquin et une autre glace dans la ruelle annonçaient que ce ministre d'Etat, marié à l'une des plus jolies femmes de cette époque, n'était pas uniquement absorbé par les affaires de l'Empire, et se reposait délicieusement, dans ce voluptueux sanctuaire de l'hymen, des fatigues

et de Tactivité constante que Napoléon exigeait, même de ses ministres. On mil également à ma disposition quatre valets de pied à la livrée de TEmpereur et deux huissiers; je gagnai donc beaucoup à être renvoyé par madame Hulin.

Le docteur Bourdois refusa les billets de logement qui lui furent présentés, sous prétexte que son titre de médecin des enfants de TEmpereur l'exemptait de cet impôt. Je me trouvais à la mairie quand il vint faire sa réclamation; me retournant vers les répartiteurs, je leur dis : « Messieurs, croyez-vous juste que M. le docteur « Bourdois, propriétaire d'un bel hôtel, rue Royale, soit « exempté d'une charge qui pèse en ce moment sur tous n vos concitoyens, parce qu'il est richement rétribué « comme médecin des enfants de l'Empereur? — Non, a s'écrièrent-ils, qu'il paye comme les autres! » Le docteur furieux me dit en sortant : « Singuliers honoraires « pour vous avoir soigné d'une fluxion de poitrine, en « 1 804 ! »

Le général Arrighi, duc de Padoue, réclama également. Je soutins que son hôtel, situé rue de la Chaussée-d'Antin, n'était pas trop chargé. Enfin, la duchesse de Rovigo se plaignit amèrement, et avec raison, que Ton eût rempli son hôtel de la rue Cerutti, actuellement rue Laffiite, de simples Cosaques au nombre de quarante; ils abîmaient le riche mobilier qui garnis.sait les appartements, c'était évidemment une vengeance contre l'ancien préfet de police. Je remplaçai cette horde de Cosaques par le prince Lapou kin, un des grands seigneurs de Russie, mon camarade, aide de camp du Tzar. Assez sur ce chapitre; j'ai voulu simplement donner une idée des difficultés que j'éprouvai à caser tout le monde.

Une affaire bien plus importante et bien désagréable

ne tarda pas à me tomber sur les épaules; elle a été inexactement racontée : Dès les premiers jours d'avril, quelques exaltés vinrent sur la place Vendôme, avec Tintention d'enlever la statue de Napoléon, et de la précipiter delà colonne qu'elle surmontait. Ce rassemblement était dirigé par le vicomte Sosthènes de La Rochefoucauld et le comte de Semallé. Les personnes raisonnables n'approuvant pas la manière dont on voulait agir, s'adressèrent au gouverneur de Paris pour faire abandonner cette prétention, qui blessait beaucoup de susceptibilités et pouvait amener une collision; il était donc prudent de l'éviter. Le général Sacken m'ordonna de prendre toutes les mesures convenables pour empêcher la dégradation du monument; il joignait à cet ordre un avis émané de la préfecture de police, inséré dans le Moniteur universel du 7 avril 1814, page 383, relatif à la décision prise sur le sort de la statue de Napoléon, et ainsi conçu :

Préfecture de police. — Place Vendôme.

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