HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION DE
A Tours, je vis briller à la vitrine d'un libraire deux volumes nouveaux de Lamartine : VHis-' toîre de la Révolution de 1848. Je les achetai, et les lus en voyage, avide de lire l'histoire vraie de mon cher génie calomnié, de retrouver les grandes émotions de 1848, et de revoir son héros.
Cette histoire, conçue à la manière antique, parlait de Lamartine à la troisième personne. Elle disait la vérité avec la sérénité d'un homme déjà disparu dans la postérité. Elle rendait justice à tous, elle jugeait son héros avec sévérité; elle racontait sans amertume l'impopularité. Elle était la voix d'un grand homme sur lui-même, elle faisait revivre les grandes journées, l'idéal entrevu.
Le style rappelait la concision éclatante de Tacite ; par un singulier caprice, l'écrivain supprimait les virgules, et multipliaitles points.
En juin, j'étais à Paris. Il y avait un an que je ne l'avais revu, aux journées sanglantes.
Lamartine n'y étaitplus. Proscrit del'assemblée législative, il s'était retiré à Castel-Madrid, au bois de Boulogne. Je m'y rendis avec Dargaud et mon père, qui poursuivait une réforme de la législation féodale des boissons. Le salon était plein de
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monde. Je ne pus le voir seul à seul ; découragé de la France, il songeait, tout bas, à quitter son pays, à finir comme les grands hommes antiques, à se réfugier en Orient, en Asie-Mineure, dans rhospitalité du Sultan.