‹ Souvenirs sur LamartineChapitre 55 sur 74 · LAMARTINE JOURNALISTE · texte numérisé non relu

LAMARTINE JOURNALISTE

Novembre 1851.

J*ai noté les grandes paroles de Lamartine dans ses divers articles du Pays, depuis sa naissance jusqu'à sa fin prochaine. C'est la prévision, la sagesse, le bon sens de la politique condensés, frappés en style de médaille, au feu de la polémique.

Légitimisme ou socialisme.

iO avril.

« Les hommes politiques doivent être patients comme le temps, parce qu'ils traitent avec lui. »

Tolérance mutuelle.

19 avril.

« Les nations ont une imagination très ombrageuse et très timide, il ne faut pas leur montrer les lambeaux de drap rouge. Cette couleur de sang les irrite comme elle irrite les taureaux. »

De la grandeur Û^&me comme moyen

de gouvernement.

28 avril.

€ La grandeur d'âme est le génie de l'héroïsme. C'est le seul génie qui trouve les solutions. La magnanimité est le coup d'État des grands cœurs. »

Puis cette haute et sévère leçon au président qui avait arboré son nom au-dessus delà France dans le discours de Dijon, 3 juin.

« De quelque grande maison qu'on soit, il est un nom plus grand que le nom de famille, c'est le nom de la France. »

Plus tard, dans les bruits avant-coureurs de coup

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d*État populaire et bonapartiste, il dit le 8 juillet, dans un ai*ticle au titre ironique : Une révolution par précaution :

« Se trouvera-t-il un assez mauvais peuple pour faire cet acte de vertige, et un assez mauvais citoyen pour l'accepter ? Non. »

Et le 20 juillet, dans la révision de la constitution, comme il relève haut l'idéal républicain :

« Le génie est républicain de sa nature, car il est une force individuelle, il vit de lui-même, il se sacre lui-même, il est à lui-même sa dynastie» »

Rentré de l'assemblée, du conseil général, dans le débat sur la révision de la loi du 31 mai, le 4 septembre, il démontre, devant l'impuissance d'une dynastie, la puissance gouvernementale de la République :

< Elle a tout osé contre les séditions, parce qu'elle était le peuple lui-même. »

Et le 16 septembre, écoutez cette protestation contre le portrait du Président écrit par Laguéronnière au Pays même, précurseur de sa trahison :

« Quand on meurt avec sa cause, on a pour sépulcre le sépulcre même de l'idée qu'on a servie, et Ton ressuscite le troisième jour ou le troisième siècle, n'importe, — la tombe n'a pas d'impatiences, mais on ressuscite avec une vérité, »

Après un cri magnifique de fidélité à la République qui va mourir, comme il encourage le Président le 9 novembre à la politique du Message : « L'honnêteté est le génie des républiques. »

Puis les articles se pressent, se précipitent comme le péril, du 13 au 29 novembre; il dicte de son lit où le cloue la maladie, les dernières adjurations à l'assemblée affolée, au Président téméraire : « Comme on sauve le pays et comment on le perd 1 »

Il disaitvrai. Jeme rappelais ses grandes paroles de bronze dans les Girondins^ ses médailles à la Tacite sur les théories de la réyolution : « Elles ont été souillées, mais elles sont divines. Effacez le sang, il reste la vérité. >

« L'idéal n'est que la vérité à distance. »

« Les déceptions sont des vérités cueillies avant le temps. »

Et j*en faisais l'application à là République.

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