LA FÊTE DE MILLY
Les petits ont plus de souvenir que les grands. Le pauvre village de Milly a eu Thonneur d'élever le premier un monument de reconnai»^$ance à son illustre bienfaiteur. Paris a oublié, Milly s'est souvenu.
Le 26 octobre 1874, peu de jours après l'anniversaire de la naissance de Lamartine, à midi, les habitants du village, mêlés de quelques personnes de Mâcon, des villages voisins : Sainl^^orlin, Prisse, Sologny, étaient rassemblés autour d'une colonne couronnée du buste de leur grand ami, sur la petite place du village. Ils attendaient son inauguration. Le groupe des amis survivants de Lamartine était là, le viril et digne ami, M. Dubois de Cluny, Hippolyte Boussin, Henry de Lacretelle, Charles Rolland. Quand le voile du buste tomba, un doux soleil d'automne illumina la âgure de pierre, elle sembla prendre une âme, s'animer et vivre.
Du haut de sa colonne, elle parut regarder cette foule d'amis, sourire encore, heureuse de cette fête intime d'apothéose. Les paysans avaient suspendu des guirlandes de verdure, des banderoles aux inscriptions touchantes. La figure était placée en face de la pauvre église où Lamartine enfant venait prier avec sa mère, à côté du four banal, où il jouait dans son enfance, sur la petite place de Milly. Sur une plaque de marbre était gravée cette inscription :