mars
Lamartine médite un discours sur les fonds secrets. Il durera deux heures, cesera un discours gouvernemental. Après il se taira sur la politique, et ne parlera que dans les questions d'affaires.
Il a dit de Berryer : « Ce n'est pas un caractère, une volonté; c'est un beau talent. »
La vie parlementaire du jour ne prend pas tout Lamartine. Après avoir fait l'histoire du présent, il écrit l'histoire du passé. Il a fait un volume et demi de l'histoire des Girondins, un demi-volume des Confidences. C'est charmant, il excelle à écrire ce qui est jeune, les joies de la famille.
Lamartine a fait son discours, il a montré l'orage au loin dans le ciel bleu du gouvernement de Juillet. Il a été la vigie qui, du haut du mât, sonde l'horizon^ pressent la tempête invisible en bas, pendant que l'équipage s'enivre sur le pont. — « Mon discours a été bon, excellent, dit-il, mais il a fait fiasco devant la Chambre. » — Dargaud trouve que c'est son plus beau discours : « Dans deux ans, ce sera l'opinion de la France. »