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n’y aurait rien de mal dans la Société.
Plusieurs membres pensaient que ne s'étant réunis qu’en vue de secours matériel, la Société n’avait pas besoin de Prêtre pour lu diriger ; mais la majeure partie tenait à la célébration de la Messe.
On promit donc aux autorités ecclésiastiques de prendre les moyens de faire accepter la nomination d’un Prêtre Visiteur de la Société. La Messe eut lieu en Mars 1854 ; mais malgré les efforts d’un bon nombre de membres bien disposés, on ne put réussir, après la célébration de la fête, à faire passer une motion à cet effet. Les séances furent très bruyantes depuis cette époque jusqu’à l’adoption de la résolution qui demandait à Monseigneur l’Evêque un Visiteur pour la Société, ce qui n’eut lieu qu’en Mars 1857. Il faut dire que de grands efforts étaient faits par les deux partis pour remporter le succès: les assemblées étaient très nombreuses, fort longues et très orageuses.
Nous avons dit que la Messe avaiteu lieu en Mars 1854, et la fête avait été la plus solennelle que la Société eût encore
eue. MM. Joseph Bélanger et Antoine Labelle, membres de cette Association, lui avaient offert un beau drapeau en soie pour servir aux processions. Il y avait donc bannière et drapeau et de plus un corps de musiciens. La procession fut accueillie avec enthousiasme par les citoyens dans tous les lieux où elle passa ;.les maisons étaient décorées pour lui faire honneur: quelques personnes poussèrent même la courtoisie jusqu’à tirer trois coups de canon st un certain nombre de eoups de fusil. Ce dernier incident fut cause que, dans une séance du Conseil-de-Ville, plusieurs de nos bons frères d’origine étrangère voulurent jeter du discrédit sur la nationalité canadienne, mais M. J. Chs.
Coursolles était là, et, en homme de cœur qu’il est, il sut défendre et notre Société et la nationalité canadiennefrançaise. |
A la séance du 26 Janvier 1854, la Société reconnaissante envers son fondateur, M. Les. Leclaire, décida de faire faire son portrait au daguerréotype, au moyen de souscriptions volontaires par:
mi les membres.
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Une invasion du choléra dans la ville de Montréal ayant emporté un grand nombre de citoyens dans l’été de 1854, il fut résolu, à la fin de Juillet, de faire chanter une Messe solennelle pour remercier Dieu d’avoir préservé les membres de la Société de la terrible malagie.
Le 24 Juillet 1854, eut lieu la première mortalité parmi les membres de la Société. Ce fut M. J. B. Lamouche, garçon qui, à sa mort, se trouvait n’avoir pas droit au bénéfice de l'Association ; mais comme c'était le premier cas de mort, les associés voulurent néanmoins pourvoir à ses funérailles. Le second qui mourut dans la Société est M. Cyrille Gagnon, décédé le 23 Mai 1855.
C’est le premier membre dont la Société ait soutenu la veuve : elle la paie encore aujourd’hui.
On a essayé plusieurs moyens de faire avertir les membres pour les sépultures
de leurs confrères défunts. Jusqu’au 1er
Février 1858, des membres de bonne volonté se chargeaiert à chaque enterrement d’avertir, dans leur quartier, leurs confrères sociétaires; mais, alors, le nom-
bre des membres ayant beaucoup augmenté, on nomma des centurions et des chefs de dizaines, qui étaient chargés d’avertir leur compagnie respective. Ce moyen paraissant défectueux, on résolut, le 5 Mai 1862, de faire imprimer des invitations sur papier qu’on portait au domicile de chaque membre; et ce plan rencontrant encore des inconvénients, on adopta celui d’imprimer ces invitations sur des cartes.
Jusqu’à l’hiver de 1855 à 1856, la Société n'avait pu soutenir que les malades et les veuves des membres ; alors elle voulut venir en aide aux orphelins des membres décédés : il se fit d’abord à cet effet, sous la direction de M.
Antoine Bazinet, un bazar qui rapporta la jolie somme de $312. Cette somme fut consacrée au soulagement des orphelins : on leur accorda à chacun un schelling par semaine. Plus tard, la Société voyant avec peine qu’il y avait des orphelins de père et de mère et qui, par conséquent, étaient plus malheureux que les autres, résolut de leur accorder deux schellings par semaine, et pour
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cela il fut décidé que la moitié des amendes, provenant de l’absence des membres aux enterrements, serait consacrée à cet objet.
En 1856, la fête patronale fut célébrée à la Cathédrale. C’était la première fois que l'Association faisait son entrée solennelle dans l’Eglise-mère. Monsei- .
gneur LaRocque, alors administrateur du diocèse dé Montréal, fit, à la Société, l'honneur de célébrer lui-mème la Grand”- Messe, et le sermon fut donné par M, le Chanoïne Fabre. La fête fut très solennelle.
A la séance du 4 Juin 1856, on passa une résolution à l’effet de permettre aux membres du clergé catholique d’assister aux séances, quand ils le voudraient, sans avoir droit de prendre part à la discussion ; sans cependant vouloir encore reconnaître à aueun titre de visiteur ou de chapelain. Il fut aussi décidé d'ajouter, pour l’admission des membres, les mots catholiques romains, après ceux Canadiens Français dans la constitution.
Le but de ia constitution étant, pour tous les membres, de se secourir les uns
les.autres, ils ont toujours compris que le lien qui devait les unir le plus fortement était la charité. Aussi, que d’exemples ne pourrions-nous pas citer pour montrer l’amour des uns pour les autres; contentons-nous des deux suivants :
En 1856, un membre de l’Association
perdit son cheval ; il était pauvre et ce cheval était sa seule ressource pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants. Ses confrères firent aussitôt une collecte entr’eux,. et #30 vinrent redonner le courage et la vie à toute une famille.
Un peu plus tard, Octave Renaud tomba dangereusement malade ; cet homme était pauvre et n’avait pu payer ses contributions qui lui auraient donné droit au bénéfice de la Société. M. Benoit Bastien proposa une collecte. pour payer ies arrérages de M. Renaud :
aussitôt dit, aussitôt fait. Quelques jours après, M. Renaud meurt, il est enterré aux frais de la Société, et sa veuve retire depuis plusieurs années, l'allocation qu’elle doit au bon mouvement de M.
Bastien et à la générosité de ses confrè-
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res. Ces faits parlent assez haut d’euxmêmes pour nous dispenser de tout commentaire.
Déjà, depuis longtemps, on sentait la.
nécessité d’avoir une bâtisse appartenant à la Société, et tout faisait espérer qu’on réussirait. Les fonds étaient passablemént augmentés, la générosité des membres était grande, les citoyens voyaient la Société d’un si bon œil qu’on ne craindrait pas de s’adresser à eux pour tirer de leur bienveillance d’assez belles souscriptions. Les membres.en parlaient entr’eux et tous paraissaient désireux de voir cette grande entreprise mise à exécution. Pour cela, il fallait auparavant obtenir de la législature un acte d’incorporation. La requête, qui fut signée à cet effet, fut confiée à l’honorable A. A. Dorion, alors député de la cité de Montréal. la Société doit à ce monsieur une grande reconnaissance pour lui avoir évité de payer des frais considérables qu’elle eût été obligé de débourser, si son acte d’incorporation eût été regardé comme un acte privé ; c'est ce que voulaient, en effet, un grand
nombre de membres de la législature.
Mais M. Lorion, par son énergie et sa persévérance, vint à bout de tous les obstacles ; il triompha et fit passer Pacte d’incorporation à la fin de la session, comme un acte public, de sorte que notre Association en eut tous les bénéfices sans bourse délier. La Société se trouvait justement dans une circonstance où ce service devait lui être d’autant plus agréable qu’elle allait avoir besoin de plus d’argent pour sa bâtisse. A son retour du Parlement, l’Union St. Joseph présenta à l’honorable M. Dorion une adresse pour marque de sa reconnaissance. |
Le 1er Juillet 1856, l’acte d’incorporation était sanctionné, et le lendemain, 2 Juillet, il fut unanimement résolu de bâtir. Un comité fut nommé pour s’enquérir d’un terrain ; ce comité se composait de MM. Ls. Leclaire, L. I. Rathé, D. Leblane, Michel Laurent, F. Deguise, Ls. Longpré, Pre. Hogue et J. B.
Lanctôt.
Sur le rapport de ce comité, la Société acheta, le 21 Août, de M. Dufaux, pour
législature.
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sorte que les bénéfi.
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la Société faux, pour
la somme de #2400, un terrain faisant lencoignure des rues Ste. Catherine et Ste. Elizabeth, ayant 93 pieds anglais sur la première de ces rues et 100 pieds sur la seconde ; mais on céda à M. Frs.
Descarie 33 pieds sur la rue Ste. Catherine pour la somme de $860. On donna # de suite à bâtir un bel édifice à trois 1 étages de 60 pieds sur 40 sur un plan qu'avait fourni M. M. Laurent, architec-
… te, à MM. Payette et Perrault, Guillau-
” me Fraser, Pierre Frigon et Eugène … Payette qui devaient exécuter le plan sous les soins d’un comité de la bâtisse.
Tout ces messieurs, architecte et entrepreneurs, étaient membres de la Société.
Le comité de la bâtisse se composait de MM. J. B. Payette, Président, Antoine . Perrault, Trésorier, L. I. Rathé, Secrétaire, Michel Laurent, F. Deguise, M. Deguise, J. B. Duplessis, Ls. Longpré, J. B. Allard, D. Perrault, J. B.
Masse, J. Bélanger et J. L. Lévesque.
Le coût de la bâtisse est de $9,200.
Les travaux marchèrent si bien qu’au bout de huit mois l'édifice était prêt à
… recevoirses occupants ; les deux étages