C AVERTISSEMENT
Mémoire n'a jamais été publié in extenso et sous son nom. En revanche, il a élé souvent cité, et le plus grand nombre des anecdotes relatives à la première moitié de la vie de madame de Maintenon en ont été tirées. Ce Mémoire fait le fond d'une grande partie de la publication de La Beaumelle, intitulée comme Ton sait : Mémoires pour servira V histoire de madame de Maintenon et à celle du siècle passé1. Parfois il cite mademoiselle d'Aumale, mais le plus souvent il lui fait des emprunts sans la nommer. Pierre Clément, dans son Histoire de madame de Montespan, le duc de Noailles, dans son Histoire de madame de Maintenon, l'ont citée quelquefois., le premier d'après le manuscrit de la Bibliothèque du Louvre, le second d'après une copie qui serait dans les Archives de la maison de Noailles. Lavallée s'en est beaucoup servi pour son Histoire de la famille d'Aubigné et pour les notes de ses diverses publications. M. Geffroy, dans ses deux volumes sur Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique, en l'ait également usage. Mais tous ces auteurs n'en ont jamais cité que des fragments très courts. Nous croyons qu'on lira avec intérêt le Mémoire tout entier. On y trouvera certains traits de la vie de madame de Maintenon qui, sans doute, sont déjà connus, mais qui tirent de ce Mémoire un caractère d'authenticité, d'autres qui sont nouveaux et tout à son honneur. On y verra aussi quels sentiments de respect et d'affection passionnée elle savait inspirer à celles qui vivaient dans son intimité.
i. La première édition complète de celte célèbre publication de La Beaumelle date de 1755, la dernière, publiée à Maestricht, de 1789. L'édition de Maestrich se compose de six volumes de' Mémoires et de neuf volumes de Lettres. C'est à celle-là que bous nous référerons. Un seizième volume contient les Souvenirs de madame de Caylus.
AVERTISSEMENT. Cl
J'ai cru devoir compléter celte publication par un certain nombre de lettres inédites de mademoiselle d'Aumale. Ces lettres proviennent toutes des papiers de Lavallée sauf une qui m'a été aimablement remise par les représentants d'une des brandies de la famille d'Aumale qui subsiste encore en Picardie. Quelques-unes de ces lettres ont été écrites du vivant même de madame de Maintenon. Les autres sont postérieures à sa mort. Elles sont adressées à des religieuses ou à des demoiselles de Saint-Cyr. On y verra comment cette modeste secrétaire d'une femme illustre, qui écrit ses souvenirs d'un ton si uniforme, si simple, si modeste, sans aucune préoccupation de se mettre elle-même en scène, savait à l'occasion être spirituelle et enjouée. Ainsi la confidente apparaîtra aux côtés de la maîtresse. Je serais étonné si l'on ne trouvait pas que h petite mignonne, comme l'appelait son amie madame d'Havrincourl, avait aussi quelque agrément.