‹ Souvenirs sur Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 5 sur 112 · Lettres sur l'éducation des filles, pp. 257 et · texte numérisé non relu

Lettres sur l'éducation des filles, pp. 257 et

XXVIII NOTICE BIOGRAPHIQUE

point de la peine là-dessus, je vous en supplie, puisque je ne songe qu'à vous faire plaisir en toute chose. » Mais l'abbesse tenait bon et il fallut que madame de Maintenon lui signifiât qu'elle était tout à fait malcontente pour qu'elle se décidât, vers le mois de février, à renvoyer mademoiselle d'Aumale, sans échapper pour cela à une réprimande assez verte. « Il est vrai, madame, que j'ai été tout à fait fâchée contre vous par rapport à mademoiselle d'Aumale. Je vous la demandois d'une manière si pressante et j'en avois tant de besoin dans ce temps-là que je croyois que vous me deviez cette complaisance. Elle m'assure que vous n'avez pas hésité dès la première lettre, mais en vérité, elle ne paroît guère croyable sur ce qui vous regarde. Vous aurez vu par d'autres lettres que je vous ai soupçonnée d'avoir fait semblant de n'avoir pas reçu la mienne. Je serois très fâchée que vous eussiez ces détours. Je ne vous laisserai rien passer sans vous le dire, car l'ouvrage de votre perfection est si avancé que je voudrois aider à l'achever. » Et elle terminait en disant avec bonne grâce : « Adieu, ma chère abbesse. Raccommodons, car je n'aimerois point être brouillée avec vous. Consolez-vous d'avoir perdu mademoiselle d'Aumale. Elle fera vos

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affaires ici, et ne vous sera point inutile. Je vous l'enverrai cet été. Je vous embrasse de tout mon cœur1. »

Ce petit débat montre mieux que tout ce que je pourrais dire la rare valeur de la toute jeune fille que Saint-Cyr et Gomerfontaine se disputaient ainsi. Nous allons lavoir à son retour prenant une place de plus en plus grande dans la confiance de madame de Maintenon et pénétrant chaque jour plus avant dans son intimité et dans celle du Roi lui-même. Mais auparavant je voudrais m'arrêler un instant à montrer madame de Maintenon sous un aspect moins connu que son rôle d'éducatrice, et qui n'en mérite pas moins cependant d'être étudié.

On sait avec quelle verve railleuse Saint-Simon parle des prétentions de madame de Maintenon à se croire l'abbesse universelle et de ces mille couverts qui, avec Saint-Cyr, lui auraient fait perdre un temps incroyable. « De là une mer d'occupations frivoles, illusoires, pénibles, toujours trompeuses, des lettres et des réponses à l'infini, des

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